đSOCIĂTĂ - AMOUGOU BELINGA OU LâEMPIRE DE LâINTIMIDATION ? LE REDRESSEMENT DE 10 MILLIARDS QUI A FAIT FUIR LE PATRON DES IMPĂTS ET ENFERMER UNE INSPECTRICE. (Focus)
L'affaire opposant la Direction GĂ©nĂ©rale des ImpĂŽts (DGI) au patron du groupe l'Anecdote ne rĂ©vĂšle pas seulement un scandale de fraude fiscale prĂ©sumĂ©e ; elle met Ă nu les mĂ©thodes brutales d'un systĂšme prĂȘt Ă tout pour sanctuariser son impunitĂ©. Selon nos confrĂšres de Jeune Afrique, le tort de Modeste Mopa Fatoing, alors Directeur GĂ©nĂ©ral des ImpĂŽts, aura Ă©tĂ© d'une audace folle pour la RĂ©publique des intouchables : oser rĂ©clamer plus de 10 milliards de F CFA de redressement fiscal au groupe de Jean-Pierre Amougou Belinga. Ce que le technocrate considĂ©rait comme une simple procĂ©dure administrative de routine sâest transformĂ© en une vĂ©ritable descente aux enfers institutionnelle. D'abord, il y a eu lâincarcĂ©ration dâune inspectrice de la DGI. Alors que la tension montait entre la DGI et le groupe Amougou Belinga, une inspectrice des impĂŽts a Ă©tĂ© jetĂ©e Ă la prison centrale de Kondengui. Un signal mafieux, un avertissement Ă peine voilĂ© envoyĂ© Ă toute l'administration fiscale sur le prix Ă payer pour ceux qui osent contrĂŽler les puissants. Ensuite, des menaces de mort directes ont visĂ© le directeur.
En janvier 2023, Modeste Mopa reçoit une alerte d'un homme infiltrĂ© au cĆur du rĂ©seau qu'il tente de dĂ©manteler. Le message est limpide : sa vie est en danger immĂ©diat. La concomitance des Ă©vĂ©nements donne le vertige. Quelques jours seulement avant ces menaces, le journaliste Martinez Zogo qui Ă©changeait rĂ©guliĂšrement avec Mopa dans le cadre de la lutte contre ces rĂ©seaux d'influence est enlevĂ© et sauvagement assassinĂ©. Pour le patron des impĂŽts, le message est reçu cinq sur cinq : la menace est rĂ©elle, physique, mortelle. Le dĂ©part de Modeste Mopa du Cameroun le 26 janvier 2023 n'avait rien d'une mutation classique. Il s'agit, selon les rĂ©vĂ©lations de Jeune Afrique, d'une vĂ©ritable exfiltration discrĂšte. ValidĂ©e au plus haut sommet de l'Ătat par une correspondance confidentielle signĂ©e du SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral de la PrĂ©sidence (SGPR), Ferdinand Ngoh Ngoh, cette mise Ă disposition au FMI aux Ătats-Unis s'apparentait avant tout Ă une mesure de protection d'urgence pour lui Ă©viter le pire. Trois ans plus tard, la mission dure encore : le technocrate n'a jamais remis les pieds au pays. Cette situation dessine le portrait d'une organisation capable d'utiliser toutes les armes judiciaires, mĂ©diatiques, physiques pour se protĂ©ger.
Aujourd'hui, alors que Jean-Pierre Amougou Belinga est face Ă la justice, le cynisme atteint des sommets. Dans la phase 2 du procĂšs, ses avocats de la dĂ©fense prĂ©voient de demander l'audition de Modeste Mopa Fatoing, suite aux dĂ©clarations du tĂ©moin Ă l'accusation Bell Bidjoka. Faire revenir Ă la barre l'homme que l'on a poussĂ© Ă la fuite par la terreur et l'intimidation fiscale relĂšve d'une ironie dramatique. Amougou Belinga et ses conseils cherchent-ils Ă transformer le tribunal en un nouveau théùtre d'influence, en convoquant un exilĂ© qui a dĂ» quitter son pays pour sauver sa peau ? Cette affaire dĂ©passe de loin le simple cadre d'un redressement fiscal Ă 10 milliards. C'est le procĂšs d'un systĂšme de prĂ©dation qui a cru pouvoir substituer la loi de la force Ă la force de la loi. En faisant fuir les grands commis de l'Ătat et en embastillant les contrĂŽleurs, le groupe Amougou Belinga a dessinĂ© son propre acte d'accusation : celui d'un empire bĂąti sur l'intimidation, aujourd'hui rattrapĂ© par la rĂ©alitĂ© des faits.
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