C’est quand même fascinant : l’UE a fait absolument tout ce qu’elle pouvait pour éviter une guerre commerciale - et elle s’est quand même fait écraser.
Ce qui vient d’être dealé entre Trump et Von der Leyen n’est pas un accord équilibré, c’est une suite de concessions majeures faites par l’UE.
Les points clés :
- 0% de droits de douane côté UE sur les produits américains. En échange, les États-Unis imposent 15% de droits de douane sur les exportations européennes (avec quelques exemptions).
- Des centaines de milliards d’euros d’achats d’armement américain.
- Et surtout, 750 milliards de dollars d'achat de GNL américain sur 3 ans (à la place de l'énergie russe), à des prix tout sauf compétitifs.
Et cela dans un contexte où le dollar a déjà perdu 15% face à l’euro en quelques mois : l’industrie européenne paie donc triplement le prix fort - via les taux de change, le coût de l'énergie et les tarifs douaniers.
C'est un échec énorme pour l'industrie européenne.
Mais le plus inquiétant, c’est ce que ce deal révèle sur l’état réel de l’UE.
Depuis des décennies, l’un des fondements de la construction européenne, c’est l’idée qu’"à plusieurs, nous sommes plus forts".
Il n'en est malheureusement rien ; l’UE à 27 n’a pas obtenu mieux qu’un petit pays isolé - à peine plus qu’un accord de pays en développement.
Nous sommes une puissance économique, oui. Mais un nain politique incapable de défendre ses intérêts stratégiques collectivement.
Et le précédent est posé : des concessions massives, sans rien en retour.
Dans les rapports de force internationaux, cela n’apaise jamais. Cela appelle toujours plus d’exigences et Trump l'a très bien compris.