🇱🇧 Une colère froide. Celle d’apprendre qu’Ali Allam a été tué ce soir par l’armée israélienne dans sa maison.
Il y a quatre jours, sa voix était sur les ondes de Radio France pour alerter sur les ordres d’évacuations qui avaient frappé l’hôpital dont il était le directeur à Baalbek. Lui et le personnel avaient choisi de rester : pour sauver des bébés sous respirateurs, des enfants amputés aux pleurs insoutenables, des vieillards brisés par les bombardements israeliens, des civils pris dans l’horreur de la guerre. Parce que partir c’était les laisser mourir, et qu’aucun belligérant n’avait le droit d’exiger la fermeture d’un hôpital.
Avant-hier dans Libération, nous avons également publié son témoignage : celui d’un directeur effrayé par l’afflux de morts que sa morgue ne pouvait plus supporter. Lui qui avait du faire venir un camion réfrigéré pour y entasser les corps.
Il parlait de cette « mission humanitaire qui valait plus que nos vies », savait-il que cela allait lui coûter la sienne si tôt ?
Nous devions encore le voir demain, parler des bombardements meurtriers dans la Bekaa qui ont fait tant de morts. Le voir lui, car nous journalistes savions qu’il parlait sans concessions, sans parole sectaire, ouvrait toutes les portes pour nous permettre de raconter cette guerre et ces vies volées.
Pensées pour sa famille, et ses collègues. Des pensées qui valent si peu alors que voilà un mort de plus parmi ceux qui essayent chaque jour de réparer les vivants.
🇱🇧 Au Liban, il y a en moyenne un mort toutes les demi heures sous les bombardements israéliens.
À l’hôpital de Baalbek, le personnel a refusé les ordres d’évacuations de l’armée israélienne. En zone rouge ils doivent protéger les victimes les plus fragiles. Adultes vulnérables, enfants… et bébés parfois.
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