đ Yoti, plateforme de vĂ©rification d'Ăąge, aurait "signalĂ©" un utilisateur aux autoritĂ©s pour dĂ©tection d'usage de
@GrapheneOS
Voici ce qui s'est passé.
Un utilisateur tente de vérifier son ùge sur PlayStation Network via
@getyoti . Son appareil tourne sous GrapheneOS.
Le scan échoue à répétition, 8 à 10 fois. Il contacte le support Yoti pour comprendre.
La réponse arrive de help@yoti[.]com :
"Due to past security concerns, Yoti automatically flags multiple verification attempts and any devices running GrapheneOS. These instances are automatically reported to both the authorities and our security team."
Traduction : "En raison de problĂšmes de sĂ©curitĂ© passĂ©s, Yoti signale automatiquement les tentatives de vĂ©rification multiples ainsi que tout appareil fonctionnant sous GraâŠ"En raison de problĂšmes de sĂ©curitĂ© passĂ©s, Yoti signale automatiquement les tentatives de vĂ©rification multiples ainsi que tout appareil fonctionnant sous GrapheneOS. Ces cas sont automatiquement signalĂ©s aux autoritĂ©s ainsi qu'Ă notre Ă©quipe de sĂ©curitĂ©."
L'utilisateur avait fourni ses vrais documents d'identité. Il n'a pas contourné quoi que ce soit. C'est le systÚme de Yoti qui semble avoir échoué à les traiter.
Pourquoi ? GrapheneOS restreint les APIs caméra et biométriques. Un scan qui fonctionne sur Android stock peut échouer en boucle sur GrapheneOS. L'échec répété n'est pas une fraude. C'est une incompatibilité technique.
Evidemment, il est trÚs facile de détecter qu'un smartphone utilise GrapheneOS.
GrapheneOS n'est interdit nulle part. C'est un Android open source durci, utilisé par des journalistes, des avocats, des chercheurs en sécurité, et des gens comme vous et moi, soucieux de leur sécurité.
Mais pour Yoti, l'utiliser suffirait Ă vous classer comme suspect. En vertu de quoi ?
Soit Yoti signale effectivement quelqu'un, quelque part, pour avoir utilisé un OS légal. Soit c'est une formule boilerplate conçue pour faire peur.
Dans les deux cas, c'est un problĂšme.
Si c'est réel : aucun texte n'impose à un prestataire de vérification d'ùge de signaler aux forces de l'ordre un utilisateur détecté sous GrapheneOS. C'est une politique unilatérale sans base légale identifiable.
Si c'est un bluff : menacer un utilisateur d'une procédure légale fictive est une pratique commerciale déloyale dans la plupart des juridictions.
En revanche, ce que ça révÚle, c'est que petit à petit, utiliser des OS alternatifs va entraßner des restrictions, des suspicions, pour mieux permettre de déployer leurs systÚmes de régulations.
Et demain, ce ne sera pas seulement GrapheneOS.
Ă chaque Ă©tape, on nous dira que câest pour la sĂ©curitĂ©, pour les enfants, pour la lutte contre la fraude, pour la conformitĂ©. Mais Ă la fin, le rĂ©sultat sera le mĂȘme : lâutilisateur qui cherche Ă se protĂ©ger devra se justifier, tandis que lâutilisateur entiĂšrement traçable sera considĂ©rĂ© comme normal.
Câest cette inversion quâil faut refuser.
La vie privĂ©e ne doit pas devenir une circonstance aggravante. La sĂ©curitĂ© numĂ©rique ne doit pas devenir un marqueur de suspicion. Et les infrastructures de vĂ©rification dâĂąge ne doivent pas devenir des postes-frontiĂšres privĂ©s oĂč des entreprises privĂ©es dĂ©cident, dans lâopacitĂ©, quels appareils sont acceptables et quels utilisateurs mĂ©ritent dâĂȘtre signalĂ©s.
Si Yoti confirme cette pratique, il faudra demander sur quelle base juridique repose ce signalement, quelles autoritĂ©s sont destinataires, quelles donnĂ©es sont transmises, combien dâutilisateurs sont concernĂ©s, combien de temps ces informations sont conservĂ©es, et quels recours sont offerts aux personnes faussement signalĂ©es.
Et si Yoti ne la confirme pas, il faudra expliquer pourquoi son support a pu écrire une telle chose à un utilisateur.