Richard Malka : "Je suis effondré. Je connais Boualem Sansal, grand écrivain, d’un rare courage, véritable combattant contre l’islamisme. Et c’est précisément cela qu’on lui reproche. Y compris en France, où certains pseudo-intellectuels, dans un mépris insupportable, disent qu’il faut le défendre… mais ajoutent un oui, mais.
Ce mais est misérable et odieux. Boualem Sansal est victime d’un régime obscurantiste et corrompu jusqu’à la moelle, qui n’hésite pas à emprisonner un écrivain sans motif, sans procès, sans durée. La mobilisation n’est pas à la hauteur. C’est une atteinte grave, non seulement à la liberté d’expression, mais aussi au plus élémentaire droit de l’homme : ne pas être emprisonné par le fait d’un autocrate ou le bon vouloir d’un tyran.
Je déplore le silence de certains acteurs politiques, notamment à gauche, ou certains se montrent si prompts à parler de liberté d’expression lorsqu’il s’agit d’abroger le délit d’apologie du terrorisme. Peut-être considèrent-ils que lutter contre l’islamisme pour un écrivain de culture arabe, cela justifie d’être laissé à son triste sort quand il est enfermé sans raison. Cette petite musique donne la nausée."
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