Le meilleur système judiciaire du monde n'est pas celui qui punit le plus.
C'est celui qui tranche vite, de façon prévisible et avec suffisamment de moyens pour que la règle de droit soit réellement appliquée.
Les pays nordiques excellent rarement par la sévérité de leurs peines. Leur force est ailleurs : davantage de magistrats, davantage de numérisation, des procédures plus fluides et des délais souvent deux à trois fois plus courts que dans une partie de l'Europe.
Une justice lente ne crée pas seulement de la frustration. Elle crée de l'incertitude économique, décourage l'investissement et affaiblit la confiance dans les institutions.
Elle affaiblit aussi l'effet dissuasif de la sanction. Le risque d'être puni compte souvent davantage que la sévérité théorique de la peine.
Une sanction modérée mais quasi certaine est généralement plus dissuasive qu'une sanction lourde appliquée des années plus tard.
La particularité des meilleurs systèmes judiciaires n'est donc pas d'être plus durs.
C'est d'être plus prévisibles.
Pour un citoyen, un entrepreneur ou un justiciable, savoir qu'une décision sera rendue rapidement et effectivement exécutée change profondément les comportements.
La force d'une justice ne réside pas seulement dans les peines qu'elle prononce.
Elle réside dans la certitude qu'elles seront appliquées.
Délais interminables, efficacité contestée, pratiques d’un autre âge… la justice française inquiète.
La comparaison avec les pays du nord de l'Europe est cruelle.