Je suis certain que beaucoup seront offusqués, avec raison, par certaines affirmations de ce texte idéologique par les membres de la "Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie des réseaux de l’éducation". Je pense à la justification aberrante des « droits fondamentaux » des enfants pour éviter « l’approbation parentale » dans les cas de changements de prénoms et pronoms à l’école. Ou à l’affirmation selon laquelle que de remettre « en question la validité des pratiques transaffirmatives […] crée la confusion et jette le doute sur des approches qui ont pourtant fait leurs preuves. », alors que tout pointe vers la prudence concernant ces « pratiques ».
Mais, j'aimerais commenter l’extrait suivant, car il touche au cœur du débat.
_______________________________________________________
« Le rapport présente ainsi une conception réductrice du sexe comme réalité purement biologique et binaire, en contradiction avec les consensus scientifiques contemporains. Il escamote ainsi les réalités vécues par les personnes trans, non binaires ou intersexes, en leur refusant une pleine légitimité. Cette posture est non seulement irrespectueuse, mais elle est aussi indéfendable sur le plan de la recherche et de la pédagogie. »
________________________________________________
Il n’y a pas de consensus scientifique sur le fait que le sexe soit autre chose qu’une division en deux catégories distinctes (mâle et femelle) qui montrent des propriétés et des réalités distinctes (voir deux textes très récents sur ce sujet [1]). Le seul consensus anti-binaire qui existe est dans la tête des idéologues du genre et chez les cosignataires de cette lettre.
C’est un sophisme de lier l’existence du sexe binaire avec « les réalités vécues des personnes trans, non binaires ou intersexes ». Les deux premières réalités relèvent d’états psychologiques de personnes qui sont biologiquement mâles ou femelles. Alors que les personnes intersexes présentent des caractéristiques anato-physiologiques atypiques de mâle ou femelle. Aucune de ces réalités ne remet en question la binarité du sexe.
Il n’y a rien d’irrespectueux dans la reconnaissance de la réalité biologique binaire de l’espèce humaine et des catégories « mâle » et « femelle ». Cette réalité scientifique n’a jamais été réfutée par de nouvelles données ou par une réinterprétation honnête de données existantes. Et, cette réalité a des incidences importantes sur la personnalité des enfants.
Faire la promotion d’une pédagogie pseudoscientifique qui déconstruit malicieusement cette réalité biologique est malhonnête et n’a pas sa place dans le programme éducatif de nos enfants.
Le fait de ne pas être de « nouveaux » sexes ou de ne pas être des personnes hors de la binarité, n’empêche pas qu’il faille prendre des mesures qui facilitent l’intégration sociale des personnes trans ou intersexes. Cependant, ces mesures doivent obligatoirement respecter les droits humains fondés sur le sexe.
[1] Hooven, C. There are only two gametes. Tablet Mag. (publié le 24 septembre)
tabletmag.com/sections/arts-…
Dougan, F. S. There Are Only Two Sexes and There Can Never Be More. Arch Sex Behav (2025).
doi.org/10.1007/s10508-025-0… (publié le 22 septembre 2025)
Les cosignataires de ce texte démontrent ici leur volonté de préserver leur emprise idéologique sur l’école et les enfants.
Ce qui est qualifié d' « inquiétude » est, en fait, un réveil progressif de la population face à cette pseudoscience délétère.
lapresse.ca/dialogue/opinion…