La concurrence, c'est le sport des médiocres.
Si vous construisez quelque chose, vous devez construire un monopole. Tout le reste, c'est de la masturbation économique déguisée en vertu.
On vous a vendu une histoire. L'entrepreneuriat comme un sport. Le marché comme une arène. L'idée que le succès se mérite à coup de coudes, que le meilleur gagne, que la concurrence "stimule l'innovation". C'est faux. C'est même l'inverse de la vérité.
La compétition, c'est ce qui arrive quand vous n'avez rien d'unique à offrir. Quand vous vous battez sur les marges, sur les prix, sur le service client, c'est qu'au fond vous vendez la même chose que le voisin. Vous êtes interchangeables. Et quand vous êtes interchangeables, le marché vous broie. C'est mathématique. Profit margin → 0.
Les gens confondent deux choses. Une économie capitaliste, et une économie compétitive. Ce sont des opposés. Le capitalisme, c'est l'accumulation de capital. La compétition, c'est exactement ce qui empêche l'accumulation. Google ne fait pas de profits parce que Google est en compétition. Google fait des profits parce que Google a tué la compétition il y a vingt ans. Les vraies entreprises qui créent de la valeur sont des monopoles. Les autres survivent.
Pourquoi alors tout le monde glorifie la compétition ?
Parce que les gens ne désirent pas par eux-mêmes. Ils désirent ce que les autres désirent. C'est Girard, et c'est terrifiant quand on le voit clairement. Vous ne voulez pas faire une startup parce que vous avez une vision du futur. Vous voulez faire une startup parce que d'autres font des startups. Vous ne voulez pas faire une app de productivité parce qu'il manque une app de productivité. Vous voulez la faire parce que dix autres la font, et que ça vous rassure.
Le mimétisme, c'est le moteur de la médiocrité collective. C'est pour ça que les écoles d'élite produisent des armées de consultants et de banquiers. Pas parce que c'est intelligent. Parce que c'est ce que tout le monde fait. Le top 1% intellectuel se retrouve à se battre pour les mêmes 200 places chez McKinsey, en pensant qu'il "gagne" alors qu'il participe à un jeu à somme nulle où la valeur créée est proche de zéro.
Jeu à somme nulle. Voilà le mot. La compétition est un jeu à somme nulle. Pour que vous gagniez, quelqu'un doit perdre. Vous arrachez une part de marché à un concurrent. Vous volez un client. Vous baissez un prix. Vous bougez du capital d'une poche à une autre. La somme totale ne bouge pas.
L'innovation, c'est l'inverse. C'est un jeu à somme infinie. Vous créez quelque chose qui n'existait pas. La valeur totale du monde augmente. Personne ne perd parce que personne ne possédait ce que vous venez de faire apparaître. iPhone n'a pas volé un marché. iPhone a fait apparaître un marché. SpaceX ne vole rien à personne en lançant des fusées réutilisables. SpaceX étend la frontière de ce qui est physiquement faisable.
Et là il faut être clair. La majorité des "entrepreneurs" ne créent rien. Ils redistribuent. Ils prennent une chose qui existe, ils la repackagent, ils la revendent légèrement différemment. C'est de l'arbitrage déguisé en mission. Ce n'est pas méprisable, c'est juste pas ce qu'ils prétendent que c'est.
La vraie question à se poser quand on lance quelque chose : est-ce que je joue un jeu à somme nulle ou un jeu à somme infinie ? Est-ce que je redistribue ou est-ce que je crée ? Si la réponse honnête est "je redistribue", alors vous êtes en compétition, et la compétition vous bouffera. Si la réponse est "je crée quelque chose qui n'existe pas", alors vous avez une chance d'être un monopole. Et seuls les monopoles laissent une trace.
Le désir mimétique vous pousse vers la compétition parce que c'est rassurant. Si dix autres font la même chose, vous ne pouvez pas avoir tort. Sauf que vous avez déjà tort. Vous avez tort parce que vous avez délégué votre jugement à la moyenne du groupe. Vous avez confondu le consensus social avec la vérité économique. Et le consensus social est presque toujours faux sur les choses qui comptent. Sinon il n'y aurait pas d'opportunité.
Toute startup qui réussit massivement répond "oui" à une question simple : quelle vérité importante presque personne n'est d'accord avec vous ? Si tout le monde est d'accord, ce n'est pas une opportunité, c'est un secteur saturé. Si personne n'est d'accord, soit vous avez tort, soit vous avez raison et vous allez devenir riche. Mais il faut avoir le courage de penser seul. Et c'est là que la faiblesse d'esprit tue les ambitions.
La faiblesse d'esprit, c'est l'incapacité à tenir une position quand le groupe pense l'inverse. C'est l'envie d'être validé maintenant plutôt que d'avoir raison dans dix ans. C'est ce qui transforme des gens potentiellement brillants en exécutants de stratégies écrites par d'autres. La plupart des gens préfèrent avoir tort avec le groupe que raison tout seul. C'est confortable. C'est pathétique. Et c'est exactement ce qui les empêche de construire quoi que ce soit qui dure.
Donc si vous voulez construire. Vraiment construire. Pas faire une startup pour le LinkedIn, pas lever pour le statut, pas optimiser un funnel pour ressembler à ce qu'un fonds attend. Construire.
Trouvez le monopole. Trouvez la chose que vous pouvez faire que personne ne peut faire. Pas parce que vous êtes meilleur sur la même chose. Parce que vous faites une chose différente. Et défendez cette position contre tout le monde, y compris contre vos propres doutes mimétiques.
Les gagnants ne sont pas ceux qui courent plus vite dans la même course. Ce sont ceux qui voient que la course elle-même est un piège, et qui partent ailleurs.
Compétition is for losers. Le reste se construit.
le prochain mongol qui me parle de compétition ou de positionnement par rapport à nos concurrents,
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