IA : NOTRE POUVOIR DE DIRE NON AU MONOPOLE AMÉRICAIN
La vérité sort de la bouche des présidents des Etats Unis.
Donald Trump a décrété la nationalisation et le nationalisme de l’IA. En interdisant l’exportation du dernier modèle d’Anthropic Claude Fable5 / Mythos5, Donald Trump a signifié en effet deux choses : ce nouveau modèle est trop dangereux pour rester entre toutes les mains.
Deuxièmement, ce modèle appartient, en réalité, au peuple américain et pas au monde entier comme on le laissait croire, ce qui rappelle l’évocation par Sam Altman, fondateur d’OpenAI d’attribuer une part du capital, et donc des dividendes, à l’Etat fédéral américain.
On passera sur l’idée bizarre qu’un modèle trop dangereux laissé aux mains de tous les Américains deviendrait soudain innocent. Le terrorisme domestique a une longue histoire aux Etats Unis. Passons aussi sur la volonté de nuire à un géant de l’IA, peut-être par rancune politique, et de favoriser d’autres géants qui développent des modèles tout aussi puissants. L’essentiel est ailleurs. Il est temps que l’Europe sorte de la naïveté et du défaitisme.
Car voilà la question clé : la puissance.
La puissance américaine d’un côté, la puissance de la machine de l’autre. Il faut sans cesse en tenir les deux bouts pour définir une politique adaptée à la France à l’Europe qui garantisse à la fois la souveraineté nationale et européenne sur une infrastructure technologique critique et la souveraineté humaine sur les machines combinées à l’argent. Je veux citer ici à nouveau les phrases fortes de Charles de Gaulle le 1er mai 1953 à Bagatelle. « Un jour, la machine est apparue. Le capital l’a épousée. Le couple a pris possession du monde. Dès lors, beaucoup d’hommes, surtout les ouvriers, sont tombés sous sa dépendance. (…) L’épée de Damoclès demeurera suspendue tant que chaque homme ne trouvera pas dans la société sa place, sa part, sa dignité. »
Ils résonnent avec notre époque et notre défi face à l’Intelligence artificielle est bien là, inventer et conduire une « politique de civilisation », suivant les termes adoptés par Edgar Morin, qui nous a quittés il y a peu. « Ainsi la technique permet aux hommes d’asservir les énergies naturelles. Mais c'est aussi ce qui permet d’asservir les hommes à la logique déterministe, mécaniste, spécialisée, chronométrée de la machine artificielle »
Nous n’avons pas d’autre choix qu’une politique volontaire, ambitieuse et complète de maitrise de l’Intelligence Artificielle au service du bien commun.
Je comprends la peur suscitée par l’Intelligence Artificielle, je comprends l’inquiétude face aux coûts énergétiques et environnementaux. Mais il faut s’extraire de l’idée d’un choix pour ou contre l’IA. La Grande transformation est là, elle est multiforme, sa part technologique commence déjà à agir sur nous. Les étudiants apprennent et travaillent différemment. Les embauches de jeunes professionnels semblent se tarir, au moins outre-Atlantique. La création culturelle fait déjà face à l’aide inespérée ou la concurrence déloyale de l’IA, selon les cas. L’IA décide déjà, avec nous, de choix politiques, les municipales l’ont montré. L’IA pousse déjà plus loin l’automatisation de la guerre, en Iran et en Ukraine.
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