On est en droit de se demander en quoi les expertises de la DITP vont renforcer celles de la Dinum. Cette direction comprend des experts en organisation, en transformation, des designers, des gestionnaires de projets, des hauts fonctionnaires, mais en aucun cas en cybersécurité.
La réalité est que notre transformation numérique/IA manque de moyens et surtout de planification. L'infrastructure n'a jamais été réellement été pensée, ni planifiée à un niveau d'ensemble.
Résultat, il y a autant de systèmes qu'il y a de ministères pour ne pas parler de directions, ce qui démultiplie les zones d'attaque.
A contrario, les pays les plus avancés ont systématiquement des facteurs communs : (i) un CTO rattaché au PM, (ii) une feuille de route de temps long, elle-même issue d'une doctrine qui définit ce qui est fait par l'Etat, (l'architecture, l'infrastructure, la maitrise d'ouvrage, la planification d'ensemble), par le privé, et ce qui peut être confié au para-public (en France Docapost, INGroup, etc.), (iii) des choix forts ont souvent également été fait sur l'open source.
Rien de tout cela dans l'Etat Français. Sans parler du fait qu'avec une équipe centrale de moins de 250 personnes, il est difficile d'être ambitieux.
Des facteurs centraux comme l'identité numérique, le digital Wallet, le cloud, l'homogénéité des formats de données, la cybersécurité (justement), n'ont pas été convenablement structurés au cours des 10 dernières années. Résultats, il y a une forte diffraction des moyens dont résulte un manque d'efficacité. La conséquence est que nous sommes désormais bien en dessous de la moyenne européenne en terme de numérisation des services publics.
Il faut remettre de l’ordre dans notre organisation numérique.
La multiplication des vols de données par des cyberattaques est une réalité.
Des millions de Français sont concernés.
L’État est responsable des données des citoyens. Il l’assume et il accélère.
Une réorganisation est engagée : fusion de la DINUM et de la DITP pour créer une Autorité nationale du numérique et de l’IA, sous mon autorité, chargée d’imposer des règles de sécurité à l’ensemble des ministères.