shaykh al-maghilli explique en gros :
les fondements de la religion relèvent de l'obligation individuelle. La première chose qui incombe au responsable légal (mukallaf) est de rectifier sa foi, puis d'apprendre ce dont il a personnellement besoin : la purification, la prière, et les obligations qui conditionnent la validité de sa pratique que ce soit dans la société, la famille etc.
Autrefois, les enfants apprenaient le Coran dès leur jeune âge, puis, à l'approche de la puberté, on leur enseignait les règles religieuses dont ils allaient avoir besoin.
Aujourd'hui, des adultes commencent directement par le Coran sans jamais aborder la croyance, ni en parallèle, ni séparément.
C'est une erreur qu'il faut corriger.
La validité de notre religion passe avant tout.
Le Coran, lui, t'accompagne tout au long de ta vie.
Il faut donc apprendre les fondements de la foi et les règles indispensables à travers des ouvrages adaptés comme al-Kharīda en matière de croyance, et les textes élémentaires de fiqh correspondant à l'école suivie, afin de ne pas se limiter à la récitation ou à la mémorisation sans science.
Shaykh Nizar Hammadi :
« Pour rappel, avant que les mémorisateurs du Coran ne ressemblent aux artisanats traditionnels — dont on se pare lors de certaines occasions seulement, sans qu'ils contribuent à la réforme des pays et des serviteurs d'Allah par la compréhension de ce qu'ils mémorisent, l'approfondissement de sa science et son enseignement aux gens :
L'imam Abū Bakr al-Ṭurṭūshī al-Mālikī (m. 520 H.) a consacré un chapitre dans son ouvrage Al-Ḥawādith wa-l-Bidaʿ, dont il ouvre ainsi le propos :
"Parmi ce que les gens ont introduit comme innovation concernant le Coran : se limiter à la mémorisation de ses lettres sans en approfondir la compréhension." (p. 206)
Et le juriste mālikite Abū al-Ḥasan al-Shādhilī, commentateur de la Risāla juridique à six reprises, a dit :
"Il y a consensus sur le fait que l'apprentissage des croyances et la connaissance des prescriptions légales sont plus impératifs que l'enseignement du Coran ; car du Coran, ce sont les lettres que l'on apprend, et non son sens. Et ce qui s'impose au musulman responsable du Coran n'est que la Mère du Coran, qui est une obligation dans la prière, et la sourate qui l'accompagne, laquelle relève de la sunna, tandis que ce qui va au-delà est recommandé."
(Taḥqīq al-Mabānī) »