Je pense qu'on est d'accord sur un point fondamental : la position catholique ne se réduit pas à une condamnation du sexe en lui-même, tu as raison là-dessus.
Mais voilà où ça coince : l'Église ne considère pas la sexualité comme un simple vecteur affectif. L'acte sexuel a une structure objective, il est ordonné à la complémentarité homme-femme et à l'ouverture à la vie. Ce n'est pas que chaque acte doit produire un enfant, mais il doit rester structurellement ouvert à cette possibilité.
C'est pour ça que l'argument "l'Église admet le sexe sans enfant" ne tient pas complètement : ce qu'elle admet, c'est un acte qui pourrait donner la vie. L'acte homosexuel, lui, en est structurellement incapable pas par circonstance, mais par nature. C'est une différence de fond.
Pour le célibat, ce n'est pas une injonction à la solitude : l'amitié profonde, la communauté, la vie spirituelle sont des formes d'amour réelles et pleinement reconnues. Beaucoup de chrétiens hétérosexuels vivent aussi un célibat subi, veufs, personnes séparées, etc. La loi morale n'a jamais prétendu être facile, seulement vraie.
Là où je pense que tu mets le doigt sur quelque chose que même nous ne pouvons pas vraiment esquiver, c'est l'asymétrie : on demande à la personne homosexuelle un renoncement structurel que la quasi-totalité des autres n'auront jamais à faire.