Le Malawi découvre à son tour l’ampleur du piège Alabuga
Le signal d’alarme est lancé au Malawi après la découverte de jeunes filles piégées dans le programme Alabuga Start, cette filière russe présentée comme une opportunité d’études, mais qui envoie des Africaines assembler des drones dans une zone militaro-industrielle.
Human Rights Watch, via son bureau Afrique australe, confirme avoir ouvert des vérifications auprès de ses équipes basées à Moscou. Les ONG malawites parlent d’un choc national : leurs citoyennes auraient été recrutées sous couvert de bourses d’études, avant d’être transférées dans une usine de guerre où les conditions rappellent la traite contemporaine.
Au Malawi, la société civile se mobilise.
Human Rights Consultative Committee affirme avoir sollicité plusieurs ministères, tout en dénonçant l’opacité du dossier. L’un de ses responsables, Robert Mkwezalamba, résume le malaise : « Même le gouvernement semble ignorer que nos jeunes filles travaillent dans une usine fabriquant des drones. » Une motion parlementaire est en préparation pour demander des explications officielles selon les médias locaux.
Il faut noter, quand même, que ce scandale place Lilongwe dans une posture diplomatique sensible. Le Malawi entretient des relations équilibrées avec Moscou qui lui a offert 20 000 tonnes d’engrais et avec Kyiv, qui lui a envoyé 14 500 tonnes de maïs humanitaire en 2024. Mais le silence n’est plus tenable.
D’autres pays de la région, Botswana, Namibie et Afrique du Sud, ont déjà lancé des opérations de traçage avec Interpol pour localiser leurs ressortissantes et préparer des rapatriements. Pendant ce temps, l’ambassadeur du Malawi à Moscou reconnaît avoir reçu plusieurs demandes de recrutement liées au projet Alabuga.
Le sort de ces jeunes filles reste inconnu. Ce qui est certain, c’est que le piège Alabuga s’étend et que l’Afrique australe commence seulement à ouvrir les yeux.
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