đđšLâanalyse des relevĂ©s du compte de dĂ©pĂŽt du PRODAC durant la pĂ©riode ainsi que
lâexploitation des rĂ©ponses des circularisations ont permis de constater que certaines sommes
payées en contrepartie des billets à ordre détenus ne figurent pas sur les dits relevés.
Il en est ainsi de paiements effectués par le Trésor au profit de la Banque de Dakar (BDK),
Coris Bank International et la NSIA Banque.
Interpellé sur la question, Monsieur Abdoulaye Daouda Diallo, ancien ministre chargé des
Finances et du Budget, a dĂ©clarĂ© que lâĂ©mission des billets Ă ordre dans le cadre du financement
du programme citĂ© doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un confort donnĂ© au crĂ©ancier et quâen effet, le
remboursement des échéances dues au créancier s'effectue suivant la procédure normale
d'exécution des dépenses publiques.
Il poursuit en indiquant que dans le cadre du schéma de financement mis en place pour
l'exĂ©cution des opĂ©rations du PRODAC, les obligations relevant de son dĂ©partement portaient, essentiellement, sur la garantie d'une couverture budgĂ©taire suffisante Ă mĂȘme de permettre le
paiement des factures afférentes à la construction des Domaines agricoles communautaires
(DAC). Il précise également que, sur la base de l'état d'avancement des travaux, des transferts
budgĂ©taires ont Ă©tĂ© rĂ©guliĂšrement faits au PRODAC pour lui permettre, en conformitĂ© avec les rĂšgles encadrant sa gestion, d'honorer ses engagements vis-Ă -vis du crĂ©ancier ; quâen
conséquence, la portée des énonciations contenues dans sa lettre n° 802/MFB/DGB du 27
octobre 2020 devait ĂȘtre exclusivement analysĂ©e dans ce cadre et quâil n'y a pas eu de
changement de mécanisme de paiement.
Selon lui, il appartient au PRODAC, sur la base des crédits disponibles, d'honorer ses engagements en conformité avec les rÚgles encadrant sa gestion.
La Cour considĂšre que, comme Ă©voquĂ© supra, les billets Ă ordre Ă©mis ne sauraient ĂȘtre assimilĂ©s
Ă des lettres de confort mais plutĂŽt Ă des reconnaissances de dettes que Locafrique a pu
monnayer en totalitĂ© alors mĂȘme que les travaux nâĂ©taient pas complĂštement achevĂ©s.
Par ailleurs, le schĂ©ma de dĂ©part nâa pas Ă©tĂ© suivi dans la mesure oĂč des billets Ă ordre ont Ă©tĂ© payĂ©s alors quâaucun transfert budgĂ©taire y relatif nâa Ă©tĂ© fait au PRODAC ( cf. tableau n°12).
Quant aux trésoriers généraux successifs, Messieurs Adama Racine Sow et Abdoulaye Fall, ils expliquent que :
- le billet Ă ordre dâun montant de 2 968 892 409 F CFA, dont le TrĂ©sorier gĂ©nĂ©ral nâest pas le signataire, prĂ©sentĂ© par la BDK le 15 octobre 2018, a Ă©tĂ© payĂ© via son compte de rĂšglement ouvert Ă la BCEAO, qui est diffĂ©rent du compte de domiciliation indiquĂ© sur ledit billet ;
- le montant de 2 539 767 FCFA ne correspond pas Ă un paiement Ă lâinitiative de la TrĂ©sorerie gĂ©nĂ©rale mais plutĂŽt Ă un retour de fonds dâun virement reçu de la NSIA Banque (05 mai 2021) et mal dirigĂ©, raison laquelle il a Ă©tĂ© retournĂ©, le 07
mai 2021 ;
- Sâagissant du montant de 2 450 023 148 FCFA, le TrĂ©sorier gĂ©nĂ©ral nâest pas donneur dâordre de cette opĂ©ration, son compte dĂ©bitĂ© nâest pas le compte du TrĂ©sorier gĂ©nĂ©ral. (Voir relevĂ© du TG) ;
- Enfin, le TrĂ©sorier gĂ©nĂ©ral nâĂ©tant pas le comptable assignataire des dĂ©penses du
PRODAC, nâest pas en mesure dâindiquer les budgets sur lesquels ces montants ont Ă©tĂ© imputĂ©, le contrĂŽle qui lui incombe se limite essentiellement Ă lâassurance de la disponibilitĂ© des fonds dans le compte de dĂ©pĂŽt et la qualitĂ© des signatures.
La Cour constate que lâopacitĂ© du mĂ©canisme de remboursement faisant notamment apparaitre
des paiements effectuĂ©s en dehors du compte de dĂ©pĂŽt du PRODAC, nâest pas de nature Ă garantir lâexactitude des flux et permettre la maitrise de la situation globale de remboursement.
Tableau n° 12 : Effets payés non retracés dans les relevés du compte de dépÎCette situation ne permet pas de retracer avec exactitude les flux et de maitriser la situation globale de remboursement.