Mahamat Erebeï-my, le seigneur des Erdis , fut incontestablement le véritable guide des toubous.
Dès l'époque pré-coloniale, l’homme se distinguait des autres par son état d'esprit à assimiler les choses dans la logique des excavations de la vie.
Humble et sobre , il a su dompter la peur avec ses cousins qui vivaient dans les localités avoisinantes : Gouro, Mourdi, Miski , Emi Koussi , Yebibou, Fada, Faya Etc...
Chaque saison, ils se réunissent pour partir chercher des subventions tantôt au Soudan et le plus souvent vers la région du centre à proximité de la frontière soudanaise, ils partaient combattre les personnes qui vivent là-bas et revenaient avec des esclaves...
A certaines ocasions comme le moment d’imbi, ils transportaient les dates et d’autres produits alimentaires pour établir des echanges avec les royaumes d’autre fois.
Kufra etait la région la plus convoitée par ses personnes, dotées d'intelligence et de bravoure inestimable.
Dans ce quotidien ubuesque et rudement épineux, ils ont emprunts les dunes de sables de routine... frasques après frasques, les Toubous , avant la conquête coloniale , établissaient des rélations diplomatiques avec l'Italie en collaboration avec le Derdeï Chahaï Bougar, ils bénéficiaient des armes et des produits alimentaires.
Entre eux, ils ont intronisé le kundudo, un ensemble de coutumes pour forger leurs âmes dans les trois grandes régions : le Niger , la Libye et le Tchad.
Un de ces jours, le seigneur des Erdis et ses collaborateurs, des grands hommes connu par les natifs de la communauté, ont décidé de sortir acheter certaines provisions.
Au cours de leur excursion, ils ont aperçus des français qui venaient de nul part pour partir chez eux, leur QG.
Une altercation a eu lieu et ils ont pu tuer tous les français et parmi eux, un français a pris la poudre d'escampette pour se retrouver avec les siens.
Très malheureusement dans une peau qui consiste a sudoyer la vengeance, ils ont décidé de partir au village d’Erdis, toutes les femmes et enfants ont été déchiqueté et jeter dans un puit sauf une vielle femme.
Le lendemain, ils ont vu les traces des hommes qui venaient du village. Ils se sont dépêchés pour partir voir ce qui s'est passé au village mais le constat fut déplorable et foudroyant.
Dans le puits, le jeune homme, aperçoit un bracelet de sa fille emprunt de sang rougeâtre.
Comme un coup de tonnerre dans un ciel serrein, il decida de partir, nul part, juste sortir. Attaché avec son moyen de transport, le chameau, il partit.
Les sages rapportent qu’il est parti au Soudan et il a eu des enfants dans ce pays. Dans les recherches que j'ai faites , ils disent qu’il a été pris en otage et il a passé le restant de sa vie en prison.
Mahamat Erebeï-my, à l'affût de sa bravoure , a été interpellé plusieurs fois par les étrangers qui venaient séjourner au Nord du Tchad, parmi eux , il y’a Théodore Monod, Thierry Ghabidine, Thierry Tillet.. Etc
Un de ces jours , il a été appelé par les français qui habitaient à Faya pour qu’ils vont lui accorder le titre du sultan de Borkou.
Intègre de nature loyal et lucide , il a refusé cette offre.
Pour lui et ses frères, avoir deux sultanat dans une même communauté serait une grande trahison.
Il a perdu tous ses enfants, sauf un , Woudaï , qui vivait avec sa mère au Kanem.
Woudai qui a donné naissance a ma grand-mère, Izé, la maman de mon père.
Du clan Arna, Mahamat, demeure le véritable guide des toubous , paix à son âme.