Propos connexe du shaykh Nizar Hammadi par rapport à la situation en Tunisie :
Les associations coraniques sont-elles fautives au regard de la Législation islamique ?
Certains ont posé la question suivante : en Tunisie, il existe des centaines d’associations coraniques, fréquentées par des milliers de Tunisiens. Pourtant, leur impact sur la société demeure très faible à tous les niveaux, sans même qu’il soit nécessaire de détailler les maux dont souffre notre société. Quelle en est donc la cause ?
La réponse demanderait un long développement et de nombreux détails, mais on peut la résumer ainsi : les responsables de ces associations laissent passer occasion après occasion de contribuer à enseigner aux musulmans ce par quoi l’état de la société pourrait se réformer.
En effet, le bon ordre de la vie d’ici-bas dépend de la rectitude de la religion ; et la rectitude de la religion dépend de l’apprentissage de ses règles : les obligations et les actes surérogatoires, le licite et l’illicite, les caractères moraux — les nobles, afin de les adopter, et les blâmables, afin de les éviter. Cela se réalise par l’enseignement d’ouvrages appropriés, avec l’aide d’enseignants capables d’en faire comprendre le sens.
Mais malheureusement, la plupart des associations coraniques — afin de ne pas généraliser — ne font pas cela. Elles se limitent plutôt à faire mémoriser les mots du Noble Coran, à enseigner les lectures coraniques, à organiser des célébrations et à distribuer des ijāzas.
Leurs responsables considèrent qu’ils accomplissent ainsi les plus grandes obligations. Or cela, malheureusement, n’est pas exact.
L’imam mālikite Abū Bakr al-Ṭurṭūshī a dit :
« Parmi les innovations que les gens ont introduites concernant le Coran figure le fait de se limiter à en mémoriser les lettres, sans en acquérir la compréhension juridique. »
(al-Ḥawādith wa-l-bidaʿ, p. 96)
Or l’innovation ne peut, en aucun cas, conduire à la réforme — ni dans ce bas monde, ni dans l’au-delà. Le fait que ces associations délaissent l’enseignement aux musulmans des obligations de la foi, des obligations pratiques, du licite et de l’illicite, tout en se limitant à les absorber dans la mémorisation de ce qu’il ne leur est pas religieusement obligatoire de mémoriser — à plus forte raison lorsqu’on les occupe par les lectures coraniques — constitue, selon la parole explicite de l’imam al-Ṭurṭūshī et d’autres, une innovation, c’est-à-dire un égarement, qui ne produit qu’une perte accrue de la religion.
La correction de ce grand déséquilibre serait pourtant aisée, si les responsables de ces associations étaient guidés vers ce qui est juste et se soumettaient aux prescriptions religieuses exposées par les savants spirituellement enracinés, tels que l’imam al-Ṭurṭūshī. Ce qui leur est religieusement demandé, c’est de faire passer l’enseignement des règles de la religion mentionnées plus haut avant le fait d’occuper les gens du commun à mémoriser ce qu’il ne leur est pas obligatoire de mémoriser, et de ne pas les faire entrer dans des obligations collectives — à savoir la mémorisation des lectures — alors même qu’ils négligent les obligations individuelles.
J’espère que les responsables des associations coraniques ne comprendront pas de nos propos que nous minimisons leurs efforts ou que nous mettons en cause leurs intentions. Mais nous craignons que soient perdues les immenses occasions de réforme qui se trouvent entre leurs mains, tout comme nous craignons qu’ils ne trouvent aucune réponse devant Dieu s’ils étaient interrogés au sujet de leur non-application des prescriptions du Très-Haut, telles que les ont exposées al-Ṭurṭūshī et d’autres imams — que Dieu leur fasse miséricorde.
هل الجمعيات القرآنية مقصرة شرعا؟
سأل بعضهم: في تونس مئات الجمعيات القرآنية ويرتادها آلاف من التونسيين، لكن انعكاسها على المجتمع ضعيف جدا على جميع المستويات دون الحاجة إلى تفصيل الأمراض التي يعيشها مجتمعنا فما السبب وراء ذلك؟
والجواب يحتاج إلى تطويل وتفصيل ولكن جملته هو أن القائمين على تلك الجمعيات يضيعون الفرصة تلو الفرصة للمساهمة في تعليم المسلمين ما به ينصلح حال المجتمع..
ذلك أن صلاح الدنيا بصلاح الدين، وصلاح الدين بتعلم أحكامه من الفرائض والنوافل والحلال والحرام والأخلاق حسنها ليؤتى وقبيحها ليجتنب، وهذا يكون بواسطة تعليم الكتب المناسبة لذلك بمساعدة المدرسين المحسنين لفهمها..
لكن للأسف جل الجمعيات القرآنية - حتى لا نعمم - لا تقوم بذلك؛ بل تقتصر على تحفيظ كلمات القرآن الكريم وتعليم القراءات مع الاحتفالات وتوزيع الإجازات، ويرى القائمون عليها أنهم بذلك يقومون بأعظم الواجبات، ولكن ذلك للأسف غير صحيح، فقد قال الإمام أبو بكر الطرطوشي المالكي: ومما ابتدعه الناسُ في القرآن: الاقتصارُ على حفظ حروفه، دون التفقّه فيه. (الحوادث والبدع، ص 96) والبدعة لا يمكن أن توصل إلى الصلاح بحال من الأحوال لا في الدنيا ولا في الآخرة، فترك الجمعيات لتعليم المسلمين الفرائضَ الإيمانية والعملية والحلال والحرام، والاقتصار على الاستسال في تحفيظهم ما لا يجب عليهم شرعا حفظه، فضلا عن إشغالهم بالقراءات هو بصريح كلام الإمام الطرطوشي وغيره بدعة أي ضلالة أي لا تنتج إلا مزيد تضييع للدين.
وإصلاح هذا الخلل العظيم ميسور لو اهتدى القائمون على تلك الجمعيات للصواب وأذعنوا للأحكام الشرعية التي بينها العلماء الربانيون كالإمام الطرطوشي، فالمطلوب منهم شرعا تقديم تعليم أحكام الدين المذكورة على إشغال العوام بحفظ ما لا يجب عليهم حفظه، وعدم إدخالهم في الواجبات الكفائية وهي حفظ القراءات مع أنهم مهملون للفرائض العينية.
أرجو أن لا يفهم القائمون على الجمعيات القرآنية أننا نقلل من جهودهم أو نتهم نياتهم، ولكن نخشى أن تضيع الفرص العظيمة التي بين أيديهم للإصلاح، كما نخاف أن لا يجدوا جوابا بين يدي الله لو سئلوا عن عدم العمل بأحكامه تعالى التي بينها الطرطوشي وغيره من الأيمة رحمهم الله تعالى.
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