Le manageriat quand les seuls blancs de la boîte c’est toi et la secrétaire cocainomane narcissique qui tente la deepthroat au patron a chaque occasion.
Turn-over de fou à base de clandos et d’handicapés cas soc payés aux noirs.
L’enfer de devoir gérer des équipes qui parlent pas un mot de français, n’assument jamais aucune erreur, de devoir rattraper les négligences auprès des clients sur lesquelles t’as aucune prise et qui peuvent disparaître sans laisser de trace d’un jour à l’autre.
Ça m’a dégouté à vie du salariat et des openspaces
C’est quoi votre pire expérience dans le monde du travail ?
Moi, c’était lors d’un stage. J’avais déniché une agence web et, après l’entretien, j’étais aux anges : l’équipe avait l’air sympa, il y avait une PS4 dans la salle de repos, et on me faisait miroiter des soirées pizza. Aujourd'hui, je sais reconnaître les "red flags", mais à l'époque, j'étais aveugle.
Entre l’entretien et mon premier jour, deux mois s'écoulent. Problème : la moitié de l’équipe a démissionné entre-temps. Je débarque sur un champ de bataille. Le patron ? Disparu à l’étranger. Il ne reste qu’une cheffe de projet de 28 ans, fraîchement sortie d’école de commerce, qui semble porter toute la misère du monde sur ses épaules alors qu'elle ne fout rien. Elle me lance, sans même me regarder : « Reprends le projet de Quentin qui est parti la semaine dernière, je suis sous l'eau … »
Je suis là depuis dix minutes et j'ai déjà une boule au ventre. Je ne le sens pas. Personne ne m’a dit bonjour, le silence est de plomb. On me colle devant un PC sans même me donner d'identifiants. Je demande de l’aide à mon voisin d’en face ; il soupire, se lève pesamment, me donne les codes, me montre vaguement où se situe le projet et se rassoit sans un mot.
Le projet en question ? Rien à voir avec mes missions. Je devais bosser sur des applications mobiles, je me retrouve à développer un back-office pour des entrepôts. Je comprends vite que mon prédécesseur a fait un abandon de poste tellement le projet est en retard.
L’ambiance est toxique. Il faut arriver à 8h00 pile, et non 9h00, sous peine de remarques cinglantes. Personne ne décroche un mot. Pour aller aux toilettes, je dois passer devant le bureau de la cheffe de projet qui, à chaque putain de fois, lève les yeux au ciel en soupirant.
La pause déjeuner de deux heures ? Expédiée en trente minutes. Tu avales ton sandwich triangle Sodebo ou ta PastaBox et tu retournes t’asseoir en silence. Le soir, la fin de journée est théoriquement à 18h00, mais personne ne bouge. 18h05, 18h15, 19h00... On attend que quelqu’un craque enfin pour donner le signal du départ. C’est dingue ce que j’ai pu accepter pour tenter de m’intégrer.
J’ai même développé une allergie. La raison ? La poussière. Faire le ménage coûte trop cher, apparemment. Il y avait des moutons de poussière partout ; je passais mes journées à éternuer entre deux lignes de code.
Au bout de trois semaines, un autre salarié craque et s'en va. Pour boucler son projet à temps, la cheffe de projet nous enferme littéralement dans les locaux jusqu’à 23h00.
Là, je craque. J’appelle mon école, mais c’est la douche froide : « Si tu quittes ton stage, tu ne valides pas ton année. Serre les dents et tais-toi. » Aucun soutien. J’ai honte, je me persuade que le problème vient de moi, que je suis juste trop nul pour tenir le rythme.
Heureusement, ma mère est avocate. Quand je finis par tout lui raconter, elle voit rouge. Elle m’explique que rien de tout cela n’est normal. Elle appelle l’école et, d'un coup, le ton change radicalement : je dois faire signer une rupture de stage immédiatement.
Le lundi, j’arrive et je pose le papier sur le bureau. Le ton monte vite. On me traite de « petite merde qui lâche les gens ». Je ne réponds rien, je veux juste ma signature. Une fois le papier en main, je me barre. En remontant dans ma voiture, j'ai senti une chaleur envahir tout mon corps. Je redevenais enfin humain.
Cette expérience m’a marqué, surtout sur ma confiance en moi. En discutant avec d’autres, j’ai compris que ce n’était pas un cas isolé et que la souffrance au travail est un fléau trop sous-estimé.