🎬🍿 80% du financement d’un film français relèvent de l’argent public, parapublic, ou de contraintes réglementaires qui en tiennent lieu — taxes affectées, obligations d’investissement imposées aux diffuseurs, dépenses fiscales adossées aux SOFICA, garanties bancaires en bout de chaîne. On a vu industries plus exposées au jugement du public.
Il est, en France, une institution dont on ne discute pas. On peut critiquer l’École, l’Hôpital, la Justice, l’Armée même ; on peut interroger la pertinence de tel impôt ou la légitimité de telle autorité administrative. Mais qu’un esprit s’avise de mettre en doute la sainteté du cinéma français, et le voilà, dans l’instant, accusé « d’etre d’extrême droite » et de « mener une guerre culturelle ».
Ce dogme repose sur une équation aussi simple qu’efficace : le cinéma français = la culture française = la France. Quiconque touche au premier terme attente, par la grâce d’une transitivité que personne ne discute jamais, au troisième. Il est temps, peut-être, de rompre ce silence.
La corrélation entre subvention massive et qualité artistique n’a, à ce jour, jamais été établie. Aucune étude économique sérieuse, aucune analyse comparative rigoureuse n’a démontré que le volume d’argent public injecté dans une cinématographie nationale prédisait, de quelque manière que ce fût, sa vitalité créatrice, sa reconnaissance critique ou son rayonnement international. Cette corrélation, qui sert pourtant de fondement implicite à l’ensemble du dispositif français, relève de la croyance — non de la démonstration.
Les cinémas qui s’imposent à l’international ces dernières décennies — coréen (Parasite), iranien (Une séparation), roumain (4 mois, 3 semaines et 2 jours), danois (Drunk), britannique (La Zone d’intérêt), italien (La Grande Bellezza), espagnol (Parle avec elle) — sont précisément ceux qui ont dû composer avec des contraintes économiques, des marchés exigeants, des publics qu’il fallait conquérir et non « idéologiser ». La rareté force le talent à se déclarer ; l’abondance lui permet de s’économiser.
Le CNC, en garantissant à chaque producteur une part importante de financement public quel que soit le succès de ses films précédents, organise structurellement la déresponsabilisation. On finance des œuvres qui ne trouveront pas leur public ; on finance des producteurs qui n’ont jamais eu à plaire au public ; on finance, en somme, l’indifférence au public — et l’on s’étonne, ensuite, que les Français préfèrent les séries américaines au cinéma d’auteur français.
«Je ne souhaite plus que Canal travaille avec les signataires de cette tribune. Si certains en viennent à qualifier Canal de « crypto-fasciste », alors je ne peux pas accepter de collaborer avec eux.» Maxime Saada (
@maxsaada), pdg de Canal suite à la pétition anti Bolloré.