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AFC-M23 : le début de la rémunération des combattants marque une nouvelle phase de structuration du mouvement
Les militaires de l'AFC-M23 ont commencé à percevoir une rémunération mensuelle d'au moins 100 dollars américains, avec des montants plus élevés selon les grades et les responsabilités. Cette évolution constitue une étape importante dans la structuration de ce mouvement politico-militaire qui contrôle notamment les villes de Goma et de Bukavu depuis plus d'une année.
Pour de nombreux combattants, cette mesure est perçue comme une reconnaissance des sacrifices consentis depuis le début de leur engagement.
« Notre première motivation réside dans ce que nos parents ont subi et ce que nous continuons à subir en RDC en raison de notre appartenance ethnique ou de notre faciès. Ce paiement est un encouragement au sacrifice que nous continuerons à consentir afin de résoudre les causes profondes du conflit et permettre à tous les Congolais de vivre dignement, dans l'égalité et sans aucune forme de discrimination », a déclaré un combattant de l'AFC-M23, ancien réfugié ayant rejoint le mouvement en 2022.
Le paiement régulier des combattants traduit une volonté de transformation d'une force armée de guerre en une organisation militaire davantage structurée. Dans tout mouvement armé, la capacité à rémunérer les effectifs constitue un indicateur de stabilité administrative, de discipline interne et de contrôle de la chaîne de commandement.
Une rémunération, même modeste, contribue à renforcer le sentiment d'appartenance et à fidéliser les combattants. Elle permet également de réduire les risques d'indiscipline, de désertion ou de recours à des mécanismes informels de survie souvent observés dans les zones de conflit.
Au-delà de l'aspect militaire, cette décision démontre la capacité du mouvement à administrer les territoires qu'il contrôle. En assurant le fonctionnement de ses structures et la prise en charge de ses combattants, l'AFC-M23. Il s'agit d'un acteur politique organisé plutôt que comme une simple rébellion armée.
Le témoignage du combattant rappelle que, pour une partie des membres du mouvement, la question sécuritaire est étroitement liée aux problématiques de discrimination, de citoyenneté, de retour des réfugiés et de coexistence communautaire.
" Cette évolution peut être interprétée comme le signe que le conflit s'inscrit dans la durée. Plus un mouvement armé développe des structures administratives, financières et militaires autonomes, plus son démantèlement par la seule option militaire devient complexe. Cela renforce les arguments de ceux qui plaident pour une solution politique capable d'aborder les revendications de fond tout en préservant l'intégrité de l'État congolais." A réagi ELIEZAIRE USHINDI ( juriste et chercheur indépendant sur les conflits de la région des grands-lacs)
Le début de la rémunération des combattants de l'AFC-M23 constitue davantage qu'une simple mesure salariale. Il s'agit d'un acte de consolidation organisationnelle qui renforce la cohésion interne du mouvement, améliore sa capacité de gouvernance et envoie un message politique à ses adversaires comme à ses soutiens. Cette évolution illustre également que, malgré les affrontements militaires, la question des causes profondes du conflit demeure au cœur du débat sur l'avenir de l'Est de la RDC. A-t-il ajouté Eliezaire USHINDI.
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