Apatride par décret.
Le 11 juin 2026, d’un seul trait de plume, le général Tiani a retiré sa nationalité au docteur Mariama Djibrine, médecin née à N’Guigmi de deux parents nigériens. Son tort ? Avoir réclamé le retour à l’ordre constitutionnel.
On a qualifié la mesure de « provisoire ». Mais le Code nigérien ignore la déchéance provisoire — et la déchéance d’un national de naissance n’y existe pas. N’ayant jamais voulu d’autre passeport que le sien, Mariama Djibrine se réveille apatride : la vingt et unième victime, la troisième femme, d’une mécanique qui fabrique, à la chaîne, des hommes et des femmes sans pays.
On peut retirer un passeport ; on ne retire pas une naissance. Et le Niger, qui a lui-même reconnu la compétence de la Cour africaine, devra s’en expliquer devant le juge qu’il a choisi.
Ma tribune — à lire et à partager.
Mamadou Ismaila KONATÉ
@vieuxmko
Avocat à la Cour, barreaux du Mali et de Paris, Arbitre international, Ancien Garde des Sceaux, ministre de la Justice de la République du Mali
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