Journal de bord d’un malade du cancer. Le 20 mai 2026.
Cela fait trois ans et demi qu’a débuté cette « longue maladie ». Dès le début je me suis senti une obligation morale d’annoncer mon cancer, non pas pour susciter de la compassion, mais parce que j’avais conscience que ma vie allait changer et que je n’avais pas à avoir honte d’être malade. Tout a changé pour moi: les douleurs, ce corps que je ne reconnais plus, les séjours réguliers à l’hôpital. Tout ce que je dois faire représente un effort. Il y a des jours où je prie pour que tout cela cesse.
Les médecins m’avaient prévenu dès l’annonce de la maladie qu’il n’y aurait ni rémission ni guérison. Au fond la seule chose efficiente est la prise en charge de la douleur pour gagner en « qualité de vie ». Je ne remercierai jamais assez le Professeur Céline Greco, chef du service de la douleur et des soins palliatifs à l’hôpital Necker. Son histoire personnelle, son humanité, son altruisme, le temps qu’elle me consacre sont à présent ma seule raison de vivre.
Oui, j’ai une épouse et des enfants exceptionnels mais, dans la maladie et la souffrance on est toujours seul.
Je ne supporte plus, même si c’est avec de bonnes intentions les « refoua shlema ». Il n’y a aucune possibilité de guérison!
C’est tout pour aujourd’hui. À demain.