L’Hôtel Oloffson n’est plus. Ce joyau patrimonial, refuge d’artistes et témoin silencieux de notre histoire, a été réduit en cendres comme tant d’autres repères effacés d’un trait par l’indifférence et la violence. Pendant ce temps, le Conseil présidentiel de transition — qui engloutit près de 13 millions de gourdes chaque mois — ne produit que des communiqués sans courage, pendant que la République s’écroule mètre par mètre. Le MMS, mission internationale censée restaurer la sécurité, brille par son inefficacité : aucun quartier reconquis, aucune zone apaisée. Les gangs avancent, les familles fuient, les enfants meurent. Et au sommet de l’absurde, les États-Unis annoncent la révocation du TPS pour des centaines de milliers d’Haïtiens, arguant que la sécurité se serait améliorée, alors que Port-au-Prince est toujours classée en zone rouge par leur propre département d’État. Des familles, parties dans le programme Biden, découvrent qu’elles n’ont ni pays d’accueil, ni pays d’origine sûr. Elles sont devenues les otages d’un double mensonge : celui de l’international, et celui d’une gouvernance nationale sans colonne vertébrale. Haïti ne meurt pas de fatalité. Elle meurt de trahison, de lâcheté, et d’un abandon méticuleusement organisé par ceux qui, pour quelques postes, ont vendu jusqu’à la dignité du drapeau.
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