Du grand n’importe quoi
Je pense qu’on devrait officiellement reconnaître l’actualité québécoise comme une forme d’art abstrait. Pas un art noble, non. Un art du genre : tu regardes, tu ne comprends rien, mais quelqu’un t’assure que c’est vrai. Tsé les zessperts de LCN l’ont dit ! Les médias sont devenus des poètes du chaos. Ils pourraient annoncer que le ciel est vert, que les caribous ont demandé un congé parental ou que la province va manquer de vent, et ils diraient ça avec un sérieux tellement intense que tu finirais par douter de ta propre existence.
Chaque jour, on nous sert un cocktail de nouvelles tellement contradictoires et imbéciles qu’on dirait que leur réalité a été écrite par un auteur constamment sur le crack. Le pire, c’est qu’ils se croient. Ils nous disent que tout va bien, mais que tout va mal, mais que tout va bien quand même, mais que c’est notre faute si ça va mal. C’est comme se faire engueuler par un GPS qui ne sait pas où il va.
Pendant ce temps, nos dirigeants semblent toujours tester jusqu’où ils peuvent pousser l’absurde politique avant que la masse ne se réveille. Ils jonglent avec notre argent comme s’ils venaient de gagner à la loterie, sans jamais nous demander si ça nous dérange qu’ils dilapident ce qui ne leur appartient pas. Ils changent d’avis plus vite qu’Arruda, quand il nous disait de ne pas porter le masque pour ensuite exiger qu’on le porte, sous peine d’amendes sévères. Ils promettent la transparence, mais restent aussi opaques qu’un rideau de douche en plastique brouillé. Quand vient le temps d’expliquer leurs décisions, ils nous sortent toujours la même cassette : c’est la faute à Trump, c’est la faute aux changements climatiques, c’est la faute à n’importe quoi… sauf à leur propre incompétence.
L’ancienne ministre de l’Économie de la CAQ, maintenant propulsée première ministre, essaie de nous faire croire qu’elle n’a jamais participé au gaspillage des fonds publics orchestré par l’ancien ministre. Elle se présente comme si elle débarquait fraîche et neuve, alors qu’elle était au cœur du Party de dépenses après son départ. Au lieu d’alléger le fardeau fiscal des Québécois, elle préfère se préoccuper du sort des jeunes en pondant une loi pour interdire les boissons énergisantes aux moins de 16 ans. Ils peuvent changer de sexe à 14 ans sans en parler à leurs parents, mais ne peuvent pas prendre un Monster. On est rendus là. Elle veut nous vendre l’idée que la CAQ, avec elle à sa tête, serait un renouveau politique. Un renouveau de quoi ? De la même cassette, mais avec une nouvelle étiquette. Et évidemment, ceux qui suivent LCN et RDI vont gober ça sans broncher, comme ils ont gobé que le Parti libéral fédéral avait miraculeusement changé juste parce que Trudeau quittait la scène. Pour certains, changer le visage suffit à effacer tout le reste.
Il y a quelque chose de franchement obscène à voir Laure Waridel (chroniqueuse au JDM) nous sermonner depuis vingt ans sur l’urgence climatique, la culpabilité citoyenne et l’éco‑anxiété vertueuse, pour ensuite préparer tranquillement son petit tour du monde comme si de rien n’était. C’est le même théâtre moral que chez Bruno Marchand ou Valérie Plante : sauver les pingouins au Groenland, dénoncer les vols en avion… puis sauter dans le premier Airbus dès qu’une conférence, un colloque ou un selfie militant se présente. Pendant que la Chine crache plus de CO₂ que tout l’Occident réuni, ces apôtres de la vertu viennent nous expliquer que nous, simples mortels, sommes le problème parce qu’on ose prendre une semaine dans le Sud. Leur écologie, c’est du catéchisme pour les autres et du confort pour eux. Faites ce que je dis, pas ce que je fais : voilà leur véritable devise, et il serait temps que les gens réalisent que les prophètes de la fin du monde sont souvent les premiers à profiter du monde tant qu’il existe encore.