Tranche de vie :
Ce matin, deux futurs parents se sont présentés à l’hôpital pour accueillir leur enfant. Des parents de mon entourage proche. Un déclenchement prévu, médicalement encadré, organisé en amont. Mais une fois sur place : « retournez chez vous, il n’y a pas de chambre ». Oui je suis sérieux...
Voilà où on en est en 2025 au Québec.
Ce n’est pas un cas isolé. Ce n’est pas un oubli. C’est la norme. Un système d’urgence permanent, où la planification est un luxe, l’efficacité une illusion, et la dignité, un souvenir.
Depuis des décennies, le gouvernement nous vend le "modèle québécois" comme un rempart de justice sociale. En réalité, c’est un éléphant bureaucratique, une relique soviétique en version papier carbone sur une feuille rose et jaune. Un système où chaque citoyen devient un patient en attente de sa propre catastrophe.
Accouchements repoussés, chirurgies annulées, cancers diagnostiqués trop tard, enfants traités sur des civières dans les couloirs, personnes âgées mortes dans les CHSLD, patients mourant sur des civières. Il faut le répéter encore et encore, jusqu’à ce que la honte perce l’indifférence de ceux qui applaudissent la gestion de @cdube_sante.
Oui, Christian Dubé, le grand réformateur de PowerPoint. Celui qui rebaptise des ministères, restructure des structures, fusionne des fusions, tout ça pour maquiller l’agonie en plan stratégique. On parle ici d’un ministre qui gère la santé comme on gère une compagnie d’assurance, avec des ratios, des délais, des couches de direction, mais sans résultats.
Et ne blâmons pas que lui : tous les gouvernements successifs ont laissé pourrir notre système à coup de compressions, de nominations partisanes, de syndicats surpuissants et d’électoralisme à courte vue. Le Parti libéral a démantelé sans reconstruire. Le Parti québécois a foutue des infirmières à la retraite. Et maintenant, la CAQ, dans son grand élan technocratique, croit qu’un logiciel va accoucher pour nous.
On dépense près de 54 milliards $ par année en santé, soit près de la moitié du budget du Québec, et pourtant, on est incapables d’assurer un accouchement prévu, dans un hôpital qui enregistre chaque jour des dizaines de naissances. Où va cet argent? Dans l’administration. Dans les TI. Dans les primes de gestion. Dans les étages où l’on tient des réunions pour se demander comment améliorer l’accès… à l’accès.
Le Québec a l’un des plus faibles nombres de lits d’hôpitaux par habitant au Canada. Et on a aussi un des pires temps d’attente aux urgences dans tout l’OCDE. Il faut attendre parfois plus de 16 heures pour voir un médecin à l’urgence, dans un contexte de « priorisation clinique ». Traduction : on vous regarde mourir en silence pendant qu’on gère votre cas dans un logiciel.
Pendant ce temps, les médecins de famille sont introuvables. Le tiers des Québécois n’a pas de médecin de famille, et pourtant on parle de réseau connecté, de guichet d’accès, de carnets de santé numériques. De la poudre de données aux yeux finalement.
Et que dire des accouchements? Des femmes laissées seules, stressées, avec un col dilaté et une valise dans les mains, priées de revenir quand le système aura fini de planter. On ne parle pas ici d’un cas d’urgence imprévisible. On parle d’un accouchement planifié, refusé faute de chambre. En plein centre hospitalier. En 2025. À Québec, partout.
On nous dit que la réforme Dubé va tout changer. Mais à ce jour, elle a surtout changé la sémantique. On ne parle plus de "patients", mais "d’usagers". On ne parle plus de "soins", mais de "trajectoires". Et pendant qu’ils réinventent le vocabulaire, les malades crèvent et les femmes retournent chez elles avec un bébé qui attend... qu’une chambre se libère.
Le pire, c’est qu’on appelle encore ça un "modèle". Un modèle de quoi? D’inefficacité? D’inhumanité? D’inertie? À ce compte-là, la chute du Mur de Berlin n’a pas détruit le soviétisme, elle l’a simplement exporté dans les centres hospitaliers québécois...
Vous me trouvez sévère ? Sachez que je me contiens...
Ce système n’est pas brisé. Il est pourri de la tête aux pieds. Il ne faut pas le réformer. Il faut le réinventer, le dépolitiser, le débureaucratiser, et le remettre dans les mains de ceux qui savent encore ce qu’est un soin humain, pas d'un comptable....
J’écris cette montée de lait pour nous tous, qu’on soit vieux, jeunes, malades ou bien portants. Parce que si on laisse passer ça, c’est notre dignité collective qu’on retourne chez elle, sans lit, sans soin, et sans avenir...
Ce n'est pas un changement que ça prend, mais une révolution TOTALE !!
"Le modèle" .... Oui oui....🙄😡