Bonjour Aurore Bergé,
Je suis le fils d'un homme qui, enfant, en 1941, a été exclu de son école parce qu'il était juif.
80 ans plus tard, en décembre 2021, lorsque des députés s'apprêtaient à voter une loi scélérate interdisant les trains, les restaurants et divers lieux publics aux personnes non-vaccinées alors qu'aucune loi n'avait rendu cette vaccination obligatoire, j'ai dit que c'était la première fois en France, depuis l'instauration du statut des juifs, qu'on privait de certains de leurs droits des citoyens qui n'avaient commis aucune faute.
Il s'agissait en effet d'une grave discrimination sans aucune justification sanitaire.
Vous vous êtes sentie visée par mon propos. Vous avez déposé plainte contre moi pour injure publique envers un député alors que je ne vous avais même pas nommé, et comment le pouvais-je d'ailleurs puisque mon tweet fut écrit avant le vote de cette loi scélérate.
Vous ne vous êtes pas arrêtée là. Votre avocat, à votre demande ou de sa propre initiative, a effectué plusieurs captures d'écran de mes tweets à partir du jour où vous lui avez confié la défense de vos intérêts et la mission de me faire taire. Vous avez attendu le départ de Jean-Michel Blanquer, avec lequel j'ai toujours eu de bonnes relations malgré nos désaccords, et la nomination de Pap Ndiaye, homme sans expérience ni envergure, pour envoyer ces captures d'écran à l'Éducation nationale. Le recteur de l'académie d'Aix-Marseille, qui est désormais promu recteur de Paris, a reçu l'ordre d'engager une procédure disciplinaire contre moi et l'a piteusement exécuté, je le sais. En pleine période d'élections professionnelles, et alors que je conduisais la liste de mon syndicat à ces élections. La commission disciplinaire où siégeaient mes concurrents à ces élections a voté pour que je sois sanctionné, les représentants du syndicat SNES -FSU en tête (leur secrétaire académique ayant de longue date fait preuve d'une animosité exceptionnelle envers moi), sur la base des documents tronqués que vous avez envoyés. Le ministre Pap Ndiaye m'a infligé une très lourde sanction, une exclusion temporaire de fonctions équivalant en l'espèce à une amende de 13000 euros et privant mes élèves de leur professeur à quelques semaines du baccalauréat. Ce même ministre m'a publiquement outragé à la télévision en me traitant de complotiste : il est actuellement ambassadeur de la France auprès de l'Union européenne.
L'audience du procès que vous avez décidé d'intenter contre un professeur de philosophie respectable est fixée au 28 avril 2025.
J'apprends aujourd'hui que, d'après Mediapart, vous auriez fait opposition à l'affectation d'un fonctionnaire sur un poste en raison de son appartenance réelle ou supposée à un parti politique alors que vous êtes ministre chargée de la lutte contre les discriminations.
Décidément.
J'en prends note et je vous redis ma hâte de vous retrouver le 28 avril 2025 lors d'une audience où j'apporterai toutes les preuves du détournement du pouvoir administratif auquel vous et d'autres ont pris part, se croyant là encore tout permis envers un citoyen sous prétexte qu'il est fonctionnaire. J'espère que vous serez vous-même encore en fonction à ce moment.
Que chacun fasse son devoir et son travail du mieux possible d'ici là.
A bientôt
@auroreberge.
René Chiche
Professeur de philosophie