Mon espoir, ce cowboy que l’on moquait tant, ce redresseur de torts hollywoodien descendu tout droit du Far West biblique pour botter le cul des mollahs… Je l’ai cru, ce cow-boy. Je l’ai vu, descendant dans la gueule du monstre, croix en bandoulière et colt au poing, prêt à défier le régime au prix du sang, à libérer enfin ces Iraniens et ces Iraniennes qui étouffent sous le tchador totalitaire.
Las. Le cowboy s’est fait nourrice. Il a sauvé le monstre. Mieux : il l’a engraissé. Vingt-quatre milliards, déjà, ou en passe de l’être, déversés dans la hotte des ayatollahs comme on jette des cacahuètes à un gorille en rut. Rappelons-le, pour la mémoire courte des optimistes : les neuf milliards de Biden avaient pavé la route du 7 octobre. Imaginez ce que les mollahs feront de vingt-quatre. Ils vont s’acheter des drones, des missiles, des rêves de califat nucléaire, et continuer à broyer leur peuple avec un sourire encore plus gras.
Je pense aux Syriens réduits en charpie, aux Kurdes lâchés comme des chiens après usage, aux Libanais qui ont cru, une seconde, que l’Occident tiendrait parole. Tous ces naïfs qui ont pris au sérieux nos grands discours sur la liberté, la démocratie, les « valeurs ». Valeurs ? Allons donc. On les brade au plus offrant, au nom du « pragmatisme », de la « stabilité », de l’intérêt bien compris. On encourage les victimes à se révolter, on leur promet monts et merveilles, puis on s’attable avec leurs bourreaux pour partager le caviar et les contrats.
L’Occident, ce grand couard sophistiqué, préfère décidément composer avec ceux qui rêvent de le détruire plutôt que d’aider ceux qui partagent encore, vaguement, ses anciennes valeurs. On négocie avec le bourreau en lui tapotant l’épaule, pendant que la victime agonise dans le coin. C’est plus « réaliste », paraît-il … un anniversaire pour lui souhaiter que ses milliards portent bonheur… aux fossoyeurs de l’Histoire.
Chipie de CAUMON