$VEEV Veeva Systems a perdu 44 % depuis septembre 2025. C'est passé inaperçu pendant que la tech vedette occupait les écrans. Et pourtant : sans Veeva, l'industrie pharmaceutique mondiale s'arrête.
Jour 1 de ma semaine santé.
Après
$ADSK Autodesk, c'est un pont parfait vers la santé : on reste en SaaS américain, on garde tous les repères qu'on aime (abonnements, marge brute, récurrence), mais on bascule sur un secteur où la rente n'est pas dans le code, elle est dans la conformité réglementaire. Et ça change tout.
🔹Le modèle :
Veeva loue à 1 500 laboratoires les logiciels dont ils ont besoin pour deux missions : vendre leurs médicaments (Veeva Commercial, le CRM des visiteurs médicaux) et les faire approuver puis rester conformes (Veeva Vault, qui couvre les essais cliniques, les soumissions FDA, la qualité, la pharmacovigilance). Abonnement, facturé d'avance, renouvelé à environ 99 %. La quasi-totalité de la Big Pharma est cliente : Pfizer, Novartis, Merck, Bayer.
🔹Le moat :
La forteresse est réglementaire. Migrer un système qualité ou clinique dans la pharma, c'est 18 à 24 mois de re-validation sous l'œil de la FDA, avec un risque d'inspection et de retard de soumission. Personne ne le fait sans raison majeure. D'où une récurrence de 99 % qui n'est pas une métrique marketing : c'est la signature mécanique du coût de sortie. Et sur le cœur Vault, le 10-K de Veeva l'écrit noir sur blanc : aucun concurrent n'offre l'intégralité de la stack. Les autres ont capitulé.
🔹Les chiffres :
Marge brute 75 %, marge opérationnelle non-GAAP 45 %, conversion en cash supérieure à 43 % du chiffre d'affaires. Zéro dette, 7 milliards de dollars de trésorerie. La rentabilité opérationnelle réelle, hors ce matelas de cash, dépasse 100 % de retour sur capital. Un éditeur quasi parfait, qu'on paie aujourd'hui 25 à 28 fois le bénéfice normalisé contre près de 100 fois en 2022.
Le contre-pied que le marché a manqué.
On a beaucoup commenté un risque : Veeva s'émancipe de la plateforme Salesforce qui hébergeait historiquement son CRM, avec un support qui court jusqu'à fin 2029. Vrai, et c'est un chantier en cours.
Mais ce divorce ne touche que le CRM, soit 45 % du chiffre d'affaires et la partie qui croît le moins vite (12 %). L'autre moitié, Vault, croît à 20 % et représente désormais 55 % du business. Le marché regarde la moitié fragile ; la moitié forteresse est devenue majoritaire et accélère.
Et ce que personne ne raconte assez : reprendre le contrôle de sa propre plateforme, ce n'était pas qu'une économie. C'était la condition pour bâtir l'IA agentique nativement. Veeva AI s'étend à toutes les applications Vault cet été, et Veeva Falcon, plateforme d'agents pour le clinique et le réglementaire, sort en accès anticipé en novembre. Sans le divorce avec Salesforce, rien de tout cela ne serait possible.
Ma thèse. Le cœur Vault est l'un des moats les plus profonds qu'on puisse trouver dans le logiciel : adossé à la loi, validé par la FDA, sans alternative intégrée. Il compose à 20 % par an sur 99 % de récurrence.
À 173 dollars, le marché price un scénario plus pessimiste que mon propre scénario pessimiste.
Ma juste valeur centrale ressort autour de 224 à 248 dollars, mon prix cible à 5 ans entre 317 et 404 dollars.
Ce qui peut mal tourner, car une thèse honnête nomme ses risques : la migration du parc CRM peut déraper et faire monter l'attrition, l'alliance Salesforce plus IQVIA peut mordre sur le Commercial, et l'IA générative pourrait à long terme désintermédier les applications métier. Le premier risque est concret et daté. Les deux autres sont structurels mais mal datés sur l'horizon de la thèse.
Mon positionnement, pour moi seul : je ne suis pas en position sur Veeva, et je n'en initie pas.
Pas parce que le dossier ne le mérite pas, au contraire, mais parce que mon portefeuille personnel est déjà trop exposé à la technologie.
C'est une décision d'allocation, pas un jugement sur la valeur. Je place Veeva en surveillance active : si je réduisais mon exposition tech par ailleurs, c'est l'un des premiers dossiers que je reprendrais.
Mes repères personnels, à titre indicatif :
🔹Surveillance : 249 $
🔹Renforcement : 211 $
🔹Renforcement fort : 178 $ (le titre est déjà à l'intérieur)
🔹Opportunité exceptionnelle : vers 150 $ (support technique profond plus-bas 52 semaines)
Pourquoi commencer la semaine santé par Veeva ? Parce que c'est le chaînon manquant. Il nous permet de quitter le monde du SaaS pur sans perdre nos repères, tout en entrant dans la santé par la grande porte : celle qui ne dépend d'aucun succès de molécule. Pendant que les laboratoires se battent sur les blockbusters, Veeva encaisse l'abonnement de chacun d'eux. C'est l'angle "pioche et pelle" parfait pour initier notre bascule.
Demain, deuxième jour, deuxième angle. On reste dans la santé, mais on change de cible. Un indice pour les curieux : le leader incontesté des diagnostics à quatre pattes
Penser long, investir juste.