📺🔥 L'ARCOM CHERCHE-T-ELLE À SAUVER SA PEAU ? — « Près de 60 % du temps de parole accordé aux représentants du
#RN sur France Inter a été diffusé entre minuit et 5h59 » et plus de 70 % sur franceinfo entre le 1er janvier et le 31 mars. Sur ce seul constat, l'Arcom met en demeure Radio France pour « manquements aux règles du pluralisme politique ».
La décision interpelle surtout par son calendrier. Le 25 novembre dernier, devant la commission d'enquête sur l'audiovisuel public, son président Martin Ajdari décrivait au rapporteur
@CHAlloncle un contrôle du pluralisme parfaitement rodé : chaque trimestre, l'Arcom examine les temps de parole et demande aux antennes « d'apporter des corrections » — les mises en demeure, elles, « restent l'exception ». Ses services étaient-ils, pendant ce temps, aveugles à leurs propres relevés ? Le président n'avait-il pas été alerté ? Ou fallait-il simplement attendre le bon moment pour dégainer ?
Car le problème ne se limite ni au RN, ni à janvier 2026 : c'est le pluralisme dans sa globalité qui est en cause, et depuis bien plus longtemps. Devant cette même commission, Ajdari assurait pourtant que l'Arcom ne pouvait pas « ficher politiquement les intervenants », une surveillance « réservée aux personnalités politiques » — une catégorie dont il a lui-même reconnu, devant les députés, que les contours restaient à clarifier.
Et au-delà de qui l'on classe : comment l'Arcom calcule-t-elle ? La vieille règle des trois tiers — un tiers au gouvernement, un tiers à la majorité, un tiers à l'opposition — a été abandonnée. À sa place, une « représentativité » censée agréger pêle-mêle la moyenne des derniers scrutins, le nombre d'élus nationaux et locaux, le poids parlementaire, les sondages et la « participation à la vie politique ». Avec quelle pondération entre ces critères ? Aucune n'est publiée. Ces calculs, dont aucune formule n'a été rélévée, se font à huit-clos dans une salle obscure.
Ajdari a d'ailleurs décrit l'opération, devant les députés, comme une « alchimie assez complexe et peu intuitive ». Il promettait alors un guide et davantage de transparence : on attend toujours le mode d'emploi — pendant que les mises en demeure, elles, tombent.
Tout cela ressemble à une diversion. Dans son billet de mai, Ajdari prévenait lui-même que les débats sur le pluralisme « ne doivent pas détourner notre attention » des vraies menaces qui pèsent sur l'information. La formule s'applique d'abord à sa propre Autorité : endosser l'habit du régulateur intransigeant pour mieux asseoir son emprise.
Quant à la défense de Radio France, elle ne tient pas une seconde : un changement de logiciel en janvier qui serait « incapable de distinguer le jour de la nuit ».
Comptabiliser un temps de parole, c'est pourtant, par définition, horodater chaque séquence : l'heure de diffusion n'est pas une donnée annexe, c'est la matière première du calcul. Et nous sommes bien placés pour l'affirmer : avec
tousfiches.com, nous dépouillons l'intégralité de ces relevés — et ceux que l'Arcom transmet ne comportent, depuis l'origine, aucun horodatage.
Comment, dès lors, l'Autorité peut-elle bâtir une mise en demeure sur une ventilation minuit–5h59 qu'elle n'a elle-même jamais publiée ? De deux choses l'une : ou elle détient des données horodatées qu'elle garde pour elle, ou elle a fabriqué le grief nocturne pour l'occasion.
« L'erreur est corrigée », assure un porte-parole de Radio France. Un mensonge de plus...
Reste la vraie question : ces revirements — celui de l'Arcom comme celui de Delphine Ernotte — n'ont-ils pas pour unique objectif de sauver leur tête ? Quitte à se couper le bras gauche...