🇪🇺🇷🇺 L'économie russe moribonde : accentuer les sanctions pour la mettre à genoux
Plus personne ne conteste la grave crise dans laquelle se situe l'économie russe.
Même Vladimir Poutine a reconnu, en avril, que « la trajectoire des indicateurs macroéconomiques est en-deçà de nos attentes ».
1. Les sanctions fonctionnent : l'économie russe en crise
La Russie a connu une chute de son PIB de -0,2% en glissement annuel au T1 2026. L'inflation reste supérieure à 5% et le déficit budgétaire du 1er trimestre a dépassé l'objectif prévu pour tout 2026. Pour pallier ce déficit, Moscou a ordonné aux régions d'augmenter les taxes, ce qui va étouffer les business, conjointement avec des taux très élevés (taux directeur à 14,5%).
Ultra-dépendante de la Chine, elle paye 40 à 60% plus cher les produits sous sanction.
Inversement, elle vend son pétrole avec une décote qui a pu atteindre 30% par rapport au baril de Brent.
Grâce aux sanctions ukrainiennes, Moscou a dû mettre en place un embargo sur le diesel et le kérosène, deux produits très rentables à l'export.
2. La guerre sacrifie le secteur civil et la diversification de l'économie russe
Alors que la Russie, économie en développement, devait se diversifier pour survivre à la transition écologique, Poutine a préféré sacrifier les ressources civiles pour mener sa guerre en Ukraine.
Résultat : la Russie hypothèque son avenir, et est plus dépendante que jamais, sur les plans sectoriel (énergie, armes), géographique (Chine, Inde) et maritime (la flotte fantôme est la ligne de vie de l'économie russe).
La croissance est très clairement tirée par le secteur militaire. Un exemple : en février, pendant que les "autres véhicules" (dont drones) performaient à 16% en g.a., les équipements électriques reculaient de -14%, la métallurgie de -11% et les voitures et remorques de - 9%.
3. Quatre leviers prioritaires pour accentuer la pression
- Arraisonnements de bateaux fantômes : La flotte fantôme, que l'Ukraine qualifie de "machine de guerre russe", est la ligne de survie de la Russie. Il faut la harceler en interceptant ses navires : chaque arraisonnement coûte des dizaines de millions de $ à la Russie (amendes, pénalités de retard, hausse des primes de risques pratiquées par les intermédiaires)
- Poursuite des sanctions secondaires : sanctionner les intermédiaires qui participent au contournement des sanctions envoie un signal simple : il est risqué de soutenir le commerce russe. Résultats : hausse des primes de risque, ruptures d'approvisionnement.
- Service ban : pour contraindre davantage la Russie, remplacer le price cap par un service ban pur et simple, qui interdirait à la Russie d'utiliser le moindre service occidental pour exporter son pétrole.
- Traçabilité : en lien avec nos partenaires, renforcer la traçabilité des produits industriels (ex : marque d'usine) et énergétiques (ex : signature chimique du pétrole), ou encore avec des données satellites, pour exposer au grand jour les fraudes aux sanctions. Concrètement, ça limiterait le blanchiment de pétrole russe, et compliquerait les exportations de technologies occidentales vers la Chine.
Ci-dessous, mon passage sur LCI au sujet du forum économique de Saint-Pétersbourg.
🇷🇺 Thread - Les sanctions fonctionnent, l'économie russe plie
Certes, l'économie russe ne s'est pas effondrée.
Mais l'arraisonnement du Tagor la semaine dernière nous rappelle que la 🇷🇺 est plus dépendante que jamais de sa flotte fantôme, sa ligne de vie.
opex360.com/2026/06/01/la-ma…