đ» JournĂ©e mondiale de la radio.
Il y a des mĂ©dias quâon consomme.
Et puis il y a ceux avec lesquels on grandit.
Moi, jâai grandi avec la radio.
Dâabord la locale. Celle qui parle de chez vous, qui annonce la fĂȘte de lâĂ©cole, le marchĂ© du samedi, le match du dimanche.
Puis les grandes voix.
Europe 1.
Jean Amadou.
Jean-Luc Delarue.
Les Nuls.
Arthur.
Puis RTL.
La matinale dâHervĂ© BĂ©roud.
Georges Lang et ses nuits musicales.
Les soirées foot.
Les Grosses TĂȘtes.
La radio mâa accompagnĂ© partout.
Dans la chambre dâado.
En voiture.
En vacances.
Dans les moments légers comme dans les plus sérieux.
Plus tard, je lâai apprise de lâintĂ©rieur chez Radio France.
Ă France Bleu (devenue aujourdâhui Ici) jâai compris ce que signifiait vraiment le mot âproximitĂ©â.
La radio, câest une Ă©cole dâhumilitĂ©.
On y apprend à écouter avant de parler.
à écrire court.
Ă aller Ă lâessentiel.
Ă parler Ă quelquâun, pas Ă tout le monde.
Câest aussi une Ă©cole de rigueur.
Un micro ouvert, câest du direct.
Pas de filet.
Pas de montage pour rattraper une pensée floue.
Il faut ĂȘtre clair. Juste. Incarner sans surjouer.
Et pourtant, on annonce sa disparition depuis des décennies.
Podcast.
Plateformes.
Streaming.
Vidéo sociale.
à chaque révolution technologique, la radio serait dépassée.
Elle est toujours lĂ .
Mieux : elle se transforme.
Elle devient visuelle.
Elle devient numérique.
Elle devient Ă la demande.
Elle investit les territoires, les communautés.
Elle nâest plus seulement un flux.
Elle est une relation.
La radio mâa accompagnĂ©.
Elle continue Ă le faire.
Et tout ce que jây ai appris me sert partout ailleurs.
Parce quâau fond, la radio oblige Ă une chose essentielle :
ĂȘtre sincĂšre.