À ceux qui répètent avec condescendance qu’Hélène n’était « qu’un personnage mythologique » — née d’un œuf, fille d’un cygne, et pouvant donc être incarnée par absolument n’importe qui — il faudrait peut-être poser une question simple.
Aujourd’hui, en 2026, les mêmes personnes applaudiraient-elles avec autant d’ardeur le choix de n’importe quelle actrice simplement “bankable” pour incarner Chang’e de la tradition chinoise, la Femme Bison Blanc des Lakotas, Oshun chez les Yoruba, Sedna chez les Inuits, Tanit de Carthage, Amaterasu du Japon, Al-‘Uzzā des Quraysh ou Mama Quilla des Incas ?
Ou assisterait-on soudain à de longues leçons sur « l’authenticité culturelle », la « représentation » et le « respect des héritages civilisationnels » ?
Il est fascinant de constater que le principe selon lequel « ce n’est qu’un mythe » ne semble jamais s’appliquer qu’aux figures fondatrices de l’Europe.
Car pour ces mêmes personnes qui soutiennent que l’on peut représenter Hélène sous n’importe quelle apparence puisqu’« elle n’était pas réelle », les mythes des autres traditions et des autres civilisations sont, eux, immédiatement traités comme l’expression inviolable d’une mémoire collective, d’une identité profonde et d’une continuité sacrée.
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