Je le dis comme universitaire et comme ancien recteur.
L'intimidation, sur pression du gouvernement, des étudiants qui se mobilisent depuis deux ans et demi, par solidarité avec les Palestiniens, est scandaleuse et lourde de conflits à venir.
Elle est scandaleuse, parce qu'il s'agit d'une ingérence du pouvoir dans le fonctionnement normal des universités, autonomes depuis 2007.
Elle est scandaleuse parce que l'université doit être un lieu où toutes les opinions s'expriment.
Elle est scandaleuse parce qu'elle participe d'une négation institutionnelle du génocide des Palestiniens qui est malheureusement le fait de presque tous les pays occidentaux) .
(Mes travaux de recherche portent sur l'histoire de la Shoah et je fais mienne la formule du grand historien israélien des violences nazies, Omer Bartov, qui a déclaré à propos des violences commises contre les Palestiniens à Gaza : quand je vois un génocide, je sais le reconnaître)
L'intimidation pratiquée contre les étudiants qui ont à cœur le sort des Palestiniens est lourde de conflits pour l'avenir: elle consiste à semer la haine dans un pays où la première préoccupation du gouvernement devrait être de ne pas importer les inexpiables conflits du Proche-Orient dans un pays qui compte, en effectifs, la première communauté juive et la première communauté musulmane du continent européen.
Et puis, pour finir, c'est le professeur qui parle: l'université est un lieu dédié à la recherche de la vérité. Comment peut-on inciter les étudiants à cette recherche tout en les punissant et les matraquant quand ils proclament la vérité sur notre temps?
Soutien à Léa!
SOUTIEN À LÉA, L’ÉTUDIANTE DE SCIENCES PO’ MENACÉE
Le Collectif BDS57 (Moselle) apporte son soutien à Léa, l’étudiante de Sciences Po’ Saint-Germain en Laye (Yvelines), « coupable » d’avoir interpellé la présidente de l’Assemblée Nationale Yaël Braun-Pivet, à l’occasion d’une conférence de cette politicienne « soutien inconditionnel » du régime génocidaire israélien.
Communiqué du Collectif BDS57 en soutien à Léa :
« Le collectif BDS57 dénonce avec fermeté la menace de passage en conseil de discipline que le Directeur de Sciences Po St Germain en Laye impose à la jeune étudiante messine, Léa Muller pour avoir demandé une minute de silence en faveur des Palestiniens, lors de la conférence animée par MmeYael Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée Nationale, le 26 mars.
Cette opération s’inscrit dans un climat général d’intimidation, de harcèlement de criminalisation de la solidarité avec la Palestine, particulièrement sensible dans les établissements supérieurs. En effet ceux-ci sont largement imbriqués dans des relations étroites de partenariat avec des universités israéliennes qui collaborent toutes étroitement avec le régime colonial, génocidaire pratiquant l’apartheid israélien. Ce que BDS dénonce vigoureusement comme ces étudiants mis en cause.
Nous apportons notre soutien sans faille à Léa, aux 76 étudiants menacés de fortes amendes et d’inscription au casier judiciaire parce qu’ils se font le devoir de dénoncer le génocide en cours et de se solidariser avec la cause palestinienne. Nous ne laisserons pas bafouer plus longtemps nos libertés fondamentales surtout dans les universités !Nous ne laisserons pas mettre en danger la scolarité de nos étudiants  ! Sans réagir !
Mobilisons nous et soyons nombreux à entraver par tous les moyens ce climat délétère de chasse aux sorcières et de criminalisation du mouvement social !
Soyons nombreux à agir pour rompre les accords de coopération universitaires.
La solidaritĂ© avec la Palestine n’est pas un crime. Nous ne nous tairons pas !Â
Collectif BDS57 »