Clémence Guetté tient ici un discours relativement classique au sein de la gauche radicale et il faut lui reconnaître une certaine honnêteté. Il tranche avec celui de certains de ses camarades qui continuent de vendre l’idée d’une transition socialiste apaisées. Manifestement, les instances dirigeantes de la France insoumise n’y croient pas vraiment et elles ont bien raison
Oui, les marchés financiers prêteront à la France dans des conditions fortement dégradées. Oui, nos partenaires économiques, pleinement intégrés à la mondialisation libérale, réduiront leurs échanges. Oui, les capitaux privés fuiront, et des fermetures d’usines interviendront. Vous semblez assumer ces conséquences, je vous en remercie. Je ne suis en revanche pas sûr que tous vos électeurs l’aient compris
Vous expliquez ensuite que pour se maintenir au pouvoir face à de telles pressions, votre mouvement devra s’appuyer sur une population majoritairement prête à encaisser le choc et à soutenir durablement votre projet socialiste. Nous sommes également d’accord sur ce point. Un tel projet ne peut tenir que si une large partie de la population accepte de crever de faim le temps que la planification produise ses effets supposés
Puisque nous partageons ce constat, permettez-moi une question.
Comment justifiez-vous une stratégie électorale fondée sur un passage au premier tour par "un trou de souris" puis sur un "barrage" au second tour, alors même que vous reconnaissez que votre programme implique un choc économique majeur nécessitant une adhésion populaire forte et durable ?
Comment concilier, d’un côté, l’aveu que la radicalité de vos propositions suppose un effort considérable demandé à la population, et de l’autre, une stratégie politique qui aboutit objectivement à ce qu’une majorité de Français vous rejette ou vous craigne ?
Mon impression est que vous adoptez avant tout la seule stratégie susceptible de vous offrir une chance d’accéder au pouvoir. Pour ce quibest de vous y maintenir et d’appliquer votre programme, l’histoire a montré que votre famille politique n’a pas toujours considéré le consentement durable de la population comme une condition indispensable
Nous allons l'emporter.
Mais dès le moment de notre victoire, des forces puissantes feront tout pour empêcher notre programme d'advenir.
C'est pour cela que nous travaillons sérieusement.