Monsieur
@SebLecornu
Monsieur le Premier Ministre,
@PSofficiel
@MLP_officiel
@RNational_off
J'ai écouté votre allocution et notamment votre volonté de mettre en place au plus vite une allocation unique pour tous.
Vos arguments non seulement ne me convainquent pas, mais ils ne me trompent pas.
Vous voulez en vérité faire des économies sur le dos des handicapés.
Je suis handicapée. Je vis seule, sans enfant, sans famille.
Je suis prise en charge plusieurs fois par semaine en institution médicale.
Je vais parler pour tous les handicapés que je fréquente au quotidien.
Un économiste écrivait dernièrement que les politiques ne réalisaient ce qu'était l'handicap, que le jour où ils tombaient ou un de leur proche dans l'handicap.
Nous le voyons d'ailleurs régulièrement dans l'assemblée, où ils se découvrent une fibre sociale parce que le destin les frappe à leur tour.
Qu'il est triste que les prises de conscience ne se fassent que de cette façon.
Je rajouterai qu'il en est de même pour les économistes et les médias pour lesquels nous sommes une variante d'ajustement et au mieux un alibi pour paraître humain.
Or, les handicapés sont nombreux en France comme dans de nombreux pays Occidentaux.
Près de 15 millions selon les derniers chiffres 2024 de la DREES, de 15 ans et plus, auxquels il faut rajouter les enfants handicapés.
Mais il ne faut pas oublier les familles et les aidants qui ne vivent pas l'handicap mais le subissent à travers leur proche.
L'handicap s'aggrave toujours avec l'âge.
14% des handicapés vivent à domicile, chez eux.
Sans aide au logement, ils devront partir et perdre leur autonomie.
En 2024, le taux d'activité des handicapés est de 45% et le taux d'emploi est de 39%.
Le chômage de longue durée est plus important pour nous : 12% en 2023.
Nous sommes confrontés à de nombreuses difficultés : mobilité, associer emploi et prise en charge, adaptation du poste à l'handicap.
Et en vieillissant, cela ne s'arrange pas.
Contrairement à ce que pense la droite, il y a aussi des handicapés qui votent à droite.
Ils croient à la liberté d'entreprendre, moins d'impôts et de taxes, réorganisation de l'Etat...
Lors du mouvement des gilets jaunes, dans les premières manifestations plutôt de droite, nous étions en tête des cortèges.
Nous avons été maltraités, nous n'avons pas oublié....
Nos revenus sont au dessous du seuil de pauvreté : 1036 euros par mois que ce soit en invalidité ou en AAH.
Le seuil de pauvreté est fixé à 1288 euros.
Si nous travaillons, nos salaires ne se cumulent pas avec notre allocation handicapée, nous la perdons.
Nous sommes tous en affection longue durée.
Votre projet sur la sécurité sociale, va nous impacter directement entre une moindre prise en charge des ALD, l'augmentation des mutuelles, des forfaits, des mutuelles (nous sommes au dessus du seuil pour bénéficier d'une CMU), l'augmentation du prix de médicaments dits de confort et déremboursement partiel comme par exemple le Spasfon.
Passez des journées régulièrement dans des toilettes et vous réaliserez que ce n'est pas un médicament de confort...
Nous allons supporter une année blanche, donc pas de revalorisation de notre allocation déjà au dessous du seuil de pauvreté, tandis que nos factures continuent à augmenter.
La prise en charge de notre handicap sera donc encore plus lourde.
Dont Acte !
Sous votre mandat monsieur le premier ministre, en 2023, il a été décidé que les handicapés hospitalisés, au bout de deux mois, perdaient 40% de leur allocation, soit 310 euros par mois sur 1036 euros.
Mais pendant ce temps, pour ceux qui ont un domicile à assumer, les factures continuent à devoir être payées.
Certains ont perdu leur logement à cause de cette disposition. Et vous le savez parfaitement.
Il est alors très difficile pour un handicapé de retrouver un logement.
C'est l'oeuvre des gouvernements auxquels vous avez appartenu.
Le rapport de la fondation Abbé Pierre de Janvier 2025
explique que les handicapés sont plus touchés par la précarité énergétique. Ils sont les plus touchés par les impayés de loyer.
Les problèmes de logement touchent 24% des handicapés, les obligeant souvent à partir en institution.
10% des handicapés sont SDF.
9% des handicapés seulement sont propriétaires. Leur revenu, comme leur handicap, rendent difficile l'accès au crédit.
De nombreux propriétaires et assurances refusent les revenus de l'handicap.
Nous sommes handicapés mais pas idiots encore.
Surtout nous savons encore compter.
L'allocation unique est une lubie de LR depuis des décennies.
Nous nous y sommes toujours opposés.
Il faut dire que
@laurentwauquiez ne sait jamais intéressé à l'handicap, il n'y connait rien, pour lui c'est de l'assistanat.
Il n'est pas question que nous servions de trophée pour un politique qui n'est pas aimé, qui se voit un destin présidentiel alors que personne ne veut de lui et dont le parti a fait 4,78% aux dernières Présidentielles afin que vous puissiez vous maintenir.
15 millions d'handicapés et les familles, sans compter les enfants, cela fait du monde, dont certains votent aussi à droite et qui ne pardonnent pas certains écarts de langage.
Qu'il s'interroge et se pose les bonnes questions sur le score qu'il a fait lors de l'élection pour la Présidence de son partie.
Ce n'est pas fini, on va s'occuper du reste lors des prochaines élections....
Nos associations et nous vous voyons monsieur le Premier Ministre, nous surveillons tous les débats nous concernant, tous les textes. Nous sommes vigilants et prêts à rentrer dans le combat.
Un économiste dernièrement sur X,
@JYvesARCHER , écrivait que les politiques s'intéressaient à l'handicap que le jour où eux ou un de leur proche était concerné.
Nous le voyons d'ailleurs au sein du Parlement où le jour où ils sont frappés dans leur vie personnelle et leur intégrité physique, il se découvre enfin une fibre humaine et sociale.
Il est dommage qu'il faille en arriver là pour que la réalité les rattrape.
Je rajouterai que beaucoup d'économistes, sans compter les médias sont exactement dans le même cas.
Avec votre allocation unique, appliquée à l'handicap, sans APL en plus qui sera introduite dans cette allocation, allocation réduite à 70% du SMIC, nous perdrons entre 150 et 200 euros par mois, avec derrière encore plus de difficulté pour nous soigner, nous loger.
Nous tomberons au dessous du montant de l'AAH, en dessous de 1036 euros.
Nous nous sommes pas des idiots et sommes allés voir les conséquences sur l'handicap de l'adoption d'une telle mesure, notamment en Angleterre.
Leurs conditions de vie et leur prise en charge se sont gravement dégradées.
Nous ne l'accepterons pas.
Nos associations vous l'ont déjà dit.
La commission parlementaire de janvier 2025 avait d'ailleurs recommandé de sortir l'handicap et le minimum vieillesse de cette allocation du fait de la spécificité de nos statuts.
A l'évidence, vous faites le sourd.
Vous y laisserez votre gouvernement.
Vous y laisserez avec LR et tous ceux qui vous aideront à faire voter une telle mesure, des élus locaux en mars prochain et des députés en cas de dissolution.
Nous serons là, handicapés de droite comme de gauche, unis dans notre adversité pour vous affronter par tous les moyens.
Nous sommes nombreux et organisés.
Il n'y a plus de politique réelle sur l'handicap depuis J. Chirac.
Nous le subissons en silence depuis trop longtemps.
Dois je vous rappeler que la France, sous votre gouvernance, a été plusieurs fois condamnée au niveau international.
- Après avoir fait l'objet d'un rapport très critique par le Comité des Nations Unies pour les droits des personnes handicapées en 2021
- Après avoir fait l'objet d'un rapport très critique par la Rapporteure spéciale des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées en 2019
La France a encore été condamnée en avril 2023 par le Comité européen des droits sociaux, appartenant au Conseil de l'Europe, à la suite d'une réclamation collective d'associations françaises.
Le Comité avait conclut à la violation par la France de plusieurs articles de la Charte sociale européenne.
Nos associations avaient fait état que les handicapés en France
- ne bénéficient pas du droit aux services sociaux (art. 14§1)
- ne bénéficient pas du droit à la protection contre la pauvreté et l'exclusion sociale (art. 30)
- n'ont pas un accès suffisant et effectif aux services d'aide sociale et aux équipements (art. 15§3)
- ne bénéficient du droit au logement (art. 31§1 et 3)
ne bénéficient pas du droit à la santé (art. 11§1)
Le Comité avait considéré que la violation des droits des personnes en situation de handicap et de leurs familles par la France était établie.
La France viole les droits fondamentaux des personnes handicapées et de leur famille.
Elle avait condamné à ce titre la France pour
- manquement des autorités à adopter des mesures efficaces pour remédier aux problèmes de longue date liés à l'accès insuffisant aux services d'aide sociale dans un délai raisonnable.
- au motif que les autorités n'ont pas adopté de mesures efficaces dans un délai raisonnable en ce qui concerne l'accessibilité des bâtiments, installations, logements et transports publics
- au motif que le gouvernement n'a pas adopté une politique coordonnée d'intégration sociale et de participation à la vie de la communauté comme l'exige l'article 15§3
- au motif de la violation de l'article 15§1 car les autorités Françaises n'ont pas pris de mesures efficaces en temps utile pour remédier aux problèmes persistants de longue date, liés à l'inclusion des enfants et adolescents handicapés dans les écoles ordinaires.
- au motif de la violation de l'article 11§1 car les autorités n'ont pas adopté de mesures efficaces dans un délai raisonnable pour remédier aux problèmes persistants d'accès aux services de santé des personnes handicapées.
- au motif le manque et la pénurie de services de soutien et le manque d'accessibilité des bâtiments, des installations et des transports font que de nombreuses familles sont dans des conditions précaires, en violation de l'article 16.
Or, depuis 2023, la situation ne s'est pas arrangée.
Au contraire, elle s'est aggravée et votre projet aussi bien sur le financement de la sécurité sociale que votre allocation unique va encore plus dégrader notre situation.
Monsieur le Premier Ministre, nous n'accepterons JAMAIS cette allocation unique
Nous ne serons pas une barrière d'ajustement parce que depuis des années vous êtes incapables collectivement de gérer avec sérieux ce pays et surtout cet état obèse.
Avec mes sentiments les plus respectueux