Suite Ă ce tweet, jâai reçu beaucoup de rĂ©actions. Merci.
Mais les chiffres me rendent encore plus inquiet.
La Belgique consacre environ 6,2 % de son PIB Ă lâenseignement : lâun des niveaux les plus Ă©levĂ©s dâEurope.
Elle compte aussi parmi les pays avec le moins dâĂ©lĂšves par enseignant : environ 9,24 dans le secondaire infĂ©rieur et 8,94 dans le secondaire supĂ©rieur.
Et pourtant, les performances scolaires restent décevantes.
En PISA, la Flandre dépasse souvent les 510 points, tandis que la Fédération Wallonie-Bruxelles tourne plutÎt autour de 480-490, parfois sous la moyenne OCDE.
Donc soyons clairs :
on dépense beaucoup, on encadre beaucoup, mais on performe peu.
Le problĂšme nâest donc pas seulement le budget.
Câest le systĂšme.
Un systĂšme qui absorbe Ă©normĂ©ment dâargent public, mais qui ne garantit ni lâexcellence, ni lâĂ©galitĂ© des chances, ni la maĂźtrise des savoirs fondamentaux.
La solution ?
Redonner le pouvoir aux parents et aux écoles.
Financer lâĂ©lĂšve plutĂŽt que lâadministration. Donner aux familles un vrai libre choix de lâĂ©cole. Accorder plus dâautonomie aux Ă©tablissements. Publier les rĂ©sultats. RĂ©compenser ce qui fonctionne. Fermer ou rĂ©former ce qui Ă©choue.
Ă un moment, il faut arrĂȘter de rĂ©pondre Ă chaque Ă©chec par : âplus de moyensâ.
Il faut de la libertĂ©, de la responsabilitĂ©, de la transparence et de lâexigence.
Le vrai scandale, ce nâest pas quâon ne dĂ©pense pas assez.
Câest quâon dĂ©pense autant pour un systĂšme qui refuse dâĂȘtre responsable de ses rĂ©sultats.
La Belgique consacre prĂšs de 7 % de son PIB Ă lâenseignement, lâun des niveaux les plus Ă©levĂ©s dâEurope.
Câest dans ce contexte que les enseignants se mobilisent aujourdâhui, notamment contre la dĂ©gradation ressentie de leurs conditions de travail.
Leur colĂšre nâa rien dâillĂ©gitime : heures supplĂ©mentaires, des classes plus lourdes, une pression administrative croissante : on comprend le sentiment de saturation.
Mais cette situation interroge aussi autrement : comment un systÚme aussi financé peut-il produire, malgré cela, un tel ressenti de manque sur le terrain ?
La rĂ©ponse spontanĂ©e consiste Ă rĂ©clamer davantage de moyens. Une autre, moins confortable, consiste Ă sâinterroger sur leur usage rĂ©el : ce qui arrive dans les classes, et ce qui se perd dans la complexitĂ© administrative et les strates intermĂ©diaires.
Dans ce cadre, la question nâest peut-ĂȘtre pas seulement celle des ressources, mais aussi de leur efficacitĂ©. Et, au fond, de ce que chacun est prĂȘt Ă dĂ©fendre : uniquement le niveau des dĂ©penses, ou aussi la maniĂšre dont elles sont utilisĂ©es.
Le combat des enseignants gagnerait aussi en portĂ©e sâil incluait une « exigence plus exigeante encore » : celle de traquer les inefficacitĂ©s qui les Ă©puisent autant que les budgets eux-mĂȘmes.