7 ans de prison ferme. 20 millions d'euros de biens confisqués. Et désormais 95 millions d'euros à rembourser.
Le plus grand scandale de la défiscalisation immobilière française vient de connaître un nouveau rebondissement il y a quelques jours. Et c'est le plus fou de tous.
Je vous raconte 👇🏼
Apollonia. Ce nom ne vous dit peut-être rien, mais c’est l’un des plus gros scandales immobilier de la décennie. C’est une société qui a vendu de l'investissement immobilier « clé en main » à plus de 700 épargnants. Pas du Pinel ni du Robien… mais du LMP, le statut de loueur en meublé professionnel.
Un statut qui peut surprendre tant il est fiscalement complexe, vendu comme du sans-souci absolu.
La mécanique était bien huilée. Des appartements surévalués, parfois jusqu'à 6 fois leur valeur réelle. Des loyers prévisionnels fictifs, largement insuffisants pour couvrir les crédits. Et surtout, les clients étaient tenus à distance des interlocuteurs censés les protéger : banques, notaires, professionnels du droit.
Apollonia était l'interlocuteur unique de tout le monde. Les commerciaux montaient les dossiers de prêt eux-mêmes, en falsifiant les données d'emprunt au passage.
Le 15 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Marseille a condamné les fondateurs, Jean et Viviane Badache, à 7 ans de prison ferme pour escroquerie, avec confiscation de leurs biens.
Deux notaires, un avocat et des commerciaux ont également été condamnés. Ils ont fait appel, mais la peine est assortie d'un mandat de dépôt différé avec exécution provisoire. Jusque-là, justice rendue.
Sauf que le 2 juin 2026, le même tribunal correctionnel, statuant cette fois sur les intérêts civils, a rendu sa décision sur les indemnisations. Et là, accrochez-vous.
Les condamnés devront verser solidairement plus de 95 millions d'euros... aux banques.
87,6 M€ pour BNP Paribas, 4,3 M€ pour HSBC, 3,3 M€ pour la Lyonnaise de banque.
Ces banques, un temps regardées comme complices potentielles, ont obtenu le statut officiel de victimes.
Ces mêmes banques dont les propres cadres déclaraient sur procès-verbal, je cite : « Non, on ne respecte pas la loi Scrivener. Au niveau du comité de direction, nous avons collégialement accepté les risques liés à ces opérations. »
Des banques qui prêtaient des centaines de milliers d'euros à des gens qu'elles n'avaient jamais eus au téléphone.
Les banques obtiennent réparation tandis que certains épargnants voient leurs demandes rejetées : trois couples qui demandaient réparation pour perte de chance ont été déboutés, préjudice « non démontré » selon le tribunal.
Retenez bien la leçon, parce qu'elle vaut de l'or : quand ça tourne mal, personne ne viendra vous sauver. Ni le notaire qui a authentifié l'acte. Ni la banque qui a financé sans vous connaître. Ni le tribunal, des années plus tard.
Concluons avec un principe simple : si on vous empêche de parler directement au notaire et au banquier dans le cadre d’une opération clef en main : fuyez !
Ensuite, je sais que la formation traîne une sale réputation, et pour cause : trop de "formateurs" ont pourri l'image de l'éducation financière à coups de rêve vendu au mètre carré. Mais cette affaire démontre qu’on a justement besoin d’éducation financière.
Être entouré de "professionnels" ne vous protège de rien : 700 épargnants encadrés par des notaires, des avocats et des banquiers ont été trompés, avant d'être déboutés face à des acteurs qui auraient pu être considérés comme complices.
La seule protection qui ne vous trahira jamais, c'est ce que VOUS comprenez.
Formez-vous.