Une petite fille brûle ses photos d'enfance. Elle ne veut rien garder. Des années plus tard, elle deviendra l'une des plus grandes voix de la chanson française.
9 juin 1930, Paris, quartier des Batignolles. Une fille naît dans une famille juive modeste. Son nom : Monique Serf.
L'enfance est cabossée. Un père qu'elle finira par détester, et qu'elle fuira. La guerre, ensuite. Juive, la famille se cache de village en village pour échapper aux rafles. Elle a dix ans et apprend déjà à disparaître.
Une seule chose la tient debout : le piano. Elle joue, sans cesse, sur des touches imaginaires quand elle n'a pas d'instrument.
Adulte, elle chante dans les cabarets, la nuit, à L'Écluse. On l'appelle la chanteuse de minuit. Longue, brune, vêtue de noir. Elle compose enfin ses propres chansons.
Et là, tout bascule. Nantes, écrite après la mort de ce père haï. Göttingen, main tendue à l'Allemagne d'après-guerre. L'Aigle noir, qui s'écoule, dit-on, à un million d'exemplaires en quelques heures.
Brassens la prend en première partie. Brel devient son ami. La France entière connaît sa voix.
Aujourd'hui encore, dès qu'un piano joue les premières notes de L'Aigle noir, une salle entière retient son souffle.
Elle a transformé chaque blessure en chanson. Elle s'appelait Barbara.
Et vous, c'est quelle chanson d'elle qui vous revient en premier ?