Nommez-moi une menace militaire actuelle réelle envers le Québec, qu’un Québec souverain ne serait pas capable de défendre, comparativement à s’il était dans la fédération.
Hier, à Tout le monde en parle, Andrew Lutfy a tenté de justifier à Guy Lepage sa récente lettre ouverte, dans laquelle il étale sa crainte de voir un Québec indépendant gérer la question de l’armée.
Dans l’échange, Patrick Huard lui pose une question largement documenté par les historiens internationaux qui déconstruit l’intégralité de sa lettre : le cas du Japon. À la sortie de la Deuxième Guerre mondiale, le pays est complètement ruiné. Contraint de réduire sa force militaire au strict minimum, le Japon a redirigé les milliards engloutis par la défense vers l'innovation et les infrastructures, propulsant ainsi son économie au sommet, devenant 15 ans après sa démilitarisation la 2e puissance économique mondiale.
Devant ce fait incontournable, M. Lutfy a simplement balbutié : « Je sais pas, je pose juste la question ». Bah voyons ! Semer la peur sur la place publique alors qu’on ne maîtrise visiblement pas son sujet, et ignorer les précédents historiques qui déconstruisent ces mêmes peurs, ça manque cruellement de sérieux.
De plus, cela pose le postulat qu'un Québec souverain n'aurait aucune armée, ce qui est factuellement faux : 20 % des effectifs militaires canadiens sont québécois. Sans parler que nous payons déjà pour l’armée canadienne. Nous ne repartirions pas de zéro.
Quant au fantasme d'une annexion américaine, rappelons que l'armée canadienne actuelle n'empêche nullement les États-Unis de nous menacer. Notre véritable bouclier face à Washington, ce sont les traités. Des ententes qu'un Québec libre aurait pu tout à fait ratifier, cette fois avec ses intérêts sur la table. On peut d'ailleurs légitimement se demander si notre dépendance au Canada ne nous insécurise pas davantage.
Un vrai débat de société exige des faits, pas des scénarios catastrophes improvisés. Et à TLMEP, M. Lutfy a clairement confirmé dans quel camp il se trouve.