Ce que tout le monde doit savoir sur la politique du logement :
1. Les loyers reflètent l'équilibre entre l'offre et la demande de logements dans une zone donnée.
C'est tout, il n'y a pas de magie.
Pour faire baisser les loyers, il faut espérer une récession qui détruise des emplois et donc la demande. Ou bien vous pouvez augmenter l'offre en rénovant et en construisant.
2. L’État ne peut pas dépenser une somme d'argent suffisante pour augmenter l'offre de manière significative.
En effet, selon l'emplacement, les nouveaux logements coûtent entre 50 000 et 250 000€ (parfois plus cher en rénovation).
La construction de quelques centaines d'entre eux commence à grever le budget d'une ville, et de nombreuses grandes villes ont besoin de dizaines de milliers d'appartements.
3. D'autre part, les investisseurs peuvent collectivement *facilement* fournir suffisamment de capital pour construire et rénover autant de logements dont nous avons besoin pour autant qu'ils soient sûrs de pouvoir obtenir un rendement raisonnable.
Pour que ces investisseurs financent la création des logements dont la France a désespérément besoin, nous devons faire deux choses :
1. Réduire considérablement le temps et la complexité associés à l'obtention des autorisations pour construire/rénover des logements.
Cela signifie qu'il faut revoir et simplifier les réglementations qui se chevauchent et qui limitent la production de logements : La ZAN, les autorisations d'urbanisme, les réglementations environnementales, le DPE…
Cela signifie également qu'il faut changer la culture au sein des collectivités territoriales, en passant du “non par défaut” à “comment pouvons-nous vous aider ?”
2. Fournir une certitude quant à la réglementation et la fiscalité des activités liées à la location de biens immobiliers.
La façon dont les investisseurs obtiennent un rendement dans l’immobilier locatif est la suivante : Ils achètent un bien immobilier, le rénovent, le louent, payent les frais d'exploitation et l’éventuel crédit, puis envoient le reste aux impôts.
Cependant, les gouvernements successifs ont restreint la manière dont les immeubles d'habitation peuvent être exploités de toutes sortes de façons.
Exemple 1 : On a rendu beaucoup plus difficile l'expulsion des locataires qui ne paient pas.
Sujet tabou. On comprend pourquoi cette mesure est politiquement populaire. Après tout, qui ne veut pas que les gens aient une seconde chance ? Et qui veut que quelqu'un soit expulsé ?
Mais, en tant que bailleur, cela rend beaucoup plus difficile de prédire, avec certitude, que le loyer sera payé... et cela rend très difficile d’attirer des investisseurs pour qu’ils rénovent et créent plus de logements décents puisqu’on leur enlève de la flexibilité et de la visibilité.
Exemple 2 : Le contrôle des loyers.
Encore une fois, je comprends pourquoi les locataires aiment le contrôle des loyers et pourquoi les politiciens veulent le leur accorder.
Mais si les augmentations annuelles de loyer sont inférieures à l’inflation et aux coûts engendrés par l’exploitation d’un bien, le rendement diminue... ce qui rend le marché immobilier peu attractif pour des investisseurs qui souhaiteraient créer/rénover des logements et pousse ceux qui en ont déjà à les laisser vacants.
En conclusion : Pour ~ tous les autres biens ou services de l'économie, nous laissons le marché fonctionner, et le résultat est que nous avons du choix à tous les niveaux de prix (pensez à la nourriture, aux vêtements ou aux voitures).
Si nous voulons du choix à tous les niveaux de prix dans le domaine du logement, nous devons accepter l'idée de laisser le marché fonctionner.
Et cela signifie autoriser les investisseurs à construire et rénover des biens immobiliers locatifs ET leur permettre d'exploiter ces appartements d'une manière qui leur permette de réaliser un profit raisonnable.