Le sport a de nombreux pouvoirs.
Il éduque et émancipe, il aide à entretenir sa santé, mais ce n'est pas tout : il rassemble et casse l'inégalité liée à l'assignation à résidence dans nos quartiers.
Pour 2024, j'en fais la grande cause nationale.
Faisons le point.
Il y a d'abord tout ce que nous avons mis en œuvre depuis 2017 : les 30 minutes de sport au primaire et 2 heures au collège, le Pass’sport, 15 000 nouvelles places de sport études bientôt ouvertes, le programme « J'apprends à nager » ou encore celui « Savoir rouler », ainsi que les 10 000 nouveaux terrains de sport innovants, adaptés aux besoins des territoires.
Nous aurons par ailleurs plus que doublé le budget des sports et mobilisé plus d'1,2 milliard d'euros pour les équipements sportifs sur deux quinquennats.
Maintenant, comment aller plus loin ?
Le temps scolaire, c'est la base. Il nous faut arriver à mettre à l'école plus de temps d'accompagnement et plus de temps de pratique sportive. C'est le continuum entre l'école et les clubs que nous allons généraliser dès la rentrée prochaine, à l'image de ce que nous avons expérimenté dans le cadre du plan Marseille en grand : le 8h - 18h pour tous les collèges prioritaires. C'est une petite révolution. Il va y avoir du sport !
Nos associations sportives sont aussi des lieux où l’on peut insérer les jeunes vers l’emploi. Elles s’appuient notamment sur des coachs d’insertion professionnelle formés à ces nouveaux enjeux. 22 000 personnes ont bénéficié de ces actions en 2022. Elles seront 100 000 par an d’ici 2027.
Pourtant, beaucoup de nos jeunes dans les quartiers disent encore trop souvent qu'il n'y a rien à faire chez eux. Ils ont raison. Nous avons commencé et nous allons continuer à changer cela.
Pour y arriver, j'ai besoin du réseau des clubs engagés dans l'insertion par le sport qui a été initié. C'est une labellisation extraordinairement forte, qui marque la reconnaissance des clubs qui souhaitent incarner ce rôle intégrateur du sport, de passeur de relais, et qui permet de partager toutes les bonnes pratiques.
Je souhaite que l’on puisse lancer une nouvelle méthode et une nouvelle impulsion pour l'insertion par le sport.
En premier lieu, nous allons structurer d'ici la fin de l'année une alliance de l'inclusion par le sport, c'est-à-dire une structure de copilotage de cette politique publique, qui marquera aussi une confiance de la société civile.
Cette alliance réunira les acteurs associatifs, les différents ministères et services de l'État, nos élus locaux, les fédérations et sportifs qui seront candidats pour définir les bons modes de financement, faciliter les coopérations à structurer, labelliser les structures, évaluer les actions menées.
L'ambition que nous fixons doit être accompagnée de moyens à la hauteur pour réinvestir dans nos quartiers.
Nous allons mobiliser des financements ainsi que des acteurs clés.
Concrètement, dès 2024, nous financerons 1 000 clubs sur 500 villes pour qu'ils recrutent et forment 1 000 éducateurs socio-sportifs avec une aide à hauteur de 20 000 euros par club sur 3 ans. C'est une dotation de plus de 50 millions d'euros de crédits nouveaux d'ici à 2026. Ces éducateurs disposeront de la double compétence d'encadrement des activités sportives et d'insertion pour le sport.
Un grand nombre d'éducateurs bénévoles œuvrent dans nos quartiers avec des conditions précaires, je ne les oublie pas. Ces jeunes qui s'engagent pour le sport méritent d'être mieux accompagnés et mieux reconnus.
Pour eux, je souhaite que le Gouvernement lance avec les acteurs de terrain une mission de travail spécifique pour me faire des propositions dès le début de l'année 2024. Je m'y engage : nous allons valoriser l’encadrement bénévole des activités physiques et sportives.
La France est une Nation sportive. Nous avons besoin du sport pour ses pouvoirs que j'évoquais, pour ses valeurs, pour ce qu’il apporte à nos concitoyens, à notre jeunesse.