Ces derniers jours sont épuisants.
La BAP et les mineurs n’arrivent plus à absorber le flux de plaintes concernant les infractions à caractère sexuel sur mineurs.
La grande majorité des plaintes est prise par les plaintiers (non formés à cela) qui n’arrivent donc plus à absorber tout le reste du tout venant.
Nous enregistrons une moyenne de 4 à 8 plaintes par jour pour des faits sexuels sur mineurs depuis plusieurs semaines, en plus des procédures de violences conjugales.
Aujourd’hui, audition d’une mineure victime de viol, une audition qui a duré plus de trois heures.
J’apprends qu’il y a également des viols commis par deux membres de sa famille, des faits qui feront l’objet de nouvelles auditions, tout aussi éprouvantes pour la victime que pour l’enquêteur, qui les enchaîne les unes après les autres.
Cela fait des années que la sonnette d’alarme est tirée dans les filières judiciaires, mais rien ne change dans le bon sens : nous manquons toujours de moyens humains et matériels.
Je termine cette semaine, pour la première fois depuis que je suis aux plaintes, avec un profond ras-le-bol et une véritable appréhension à l’idée de commencer la suivante, qui s’annonce tout aussi intense.
Je rentre à la maison avec une envie de rien faire.