Hier, jeudi 11 juin, la proposition du sénateur de Guyane Georges Patient pour réautoriser la prospection pétrolière dans son territoire, adoptée par le Sénat le 29 janvier contre l'avis du Gouvernement, était examinée à l'Assemblée nationale. Jean-Victor Castor, député du groupe GDR (communiste), qui en était le rapporteur enthousiaste, dénonce un rejet qui illustre « une façon paternaliste de nous dire ce qui est bon ou pas pour nous »
LFI a voté contre ; Jean-Luc Mélenchon avait pourtant plaidé lors de son meeting à Saint-Denis pour l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie et l'autonomie de la Corse. Les Guyanais seraient-ils moins capables de décider ?
Nul besoin pourtant de casser l'unité du législateur, pilier de notre République, comme le souhaitent pour la Corse macronistes et mélenchonistes dans un bel élan commun, pour que la Guyane puisse prospecter son sous-sol.
Les arguments qui s'y opposent sont absurdes : en fait, il n'y aurait pas de pétrole ; il serait trop cher à exploiter... Mais alors, il n'y a aucun danger à prospecter pour en avoir le coeur net !
La gauche doit cesser de se gargariser d'un côté d'un anticolonialisme de carnaval et de l'autre de donner des leçons de décroissance aux responsables politiques d'anciennes colonies qui cherchent les moyens de développer leur département - l'un des plus en difficulté de France avec Mayotte.
Pour ma part, jamais je ne me permettrai d'expliquer aux Guyanais ce qui est bon ou mauvais pour eux. Il faut revenir aux principes de base de la décentralisation et de la démocratie locale : laisser aux responsables locaux le pouvoir de décider, puis d'assumer leurs responsabilités.
Tout le reste n'est que posture et idéologie.