☝️🗳️ J’étais hier au colloque organisé à l’Assemblée nationale sur la proportionnelle. De quoi donner un peu d'espoir grâce à cette initiative transpartisane.
Je vous fais le point sur ce qu'il faut en retenir ⤵️
🔹Le point de départ : une proposition de loi visant à instaurer la proportionnelle, déposée par des députés MoDem, Renaissance, PCF, socialistes et écologistes.
🔹Premier point positif : un sondage
@harrisint_fr pour
@LettreExpansion montre que l’opinion y est majoritairement favorable. Les Français préfèrent une représentation fidèle des opinions, à 63 %, à un système garantissant une majorité pour gouverner. Près des trois quarts soutiennent ainsi l'instauration de la proportionnelle aux prochaines élections.
Il n’y a pas de consensus sur le type de proportionnelle à adopter, mais le scrutin de liste national n’est pas le plus souhaité. Les Français semblent plutôt préférer un système reposant sur des circonscriptions départementales ou régionales.
Surtout, les Français n’adhèrent pas à l’idée selon laquelle la proportionnelle empêcherait d’avoir des représentants connaissant les enjeux locaux. C'est pourtant LE principal argument des opposants.
🔹Autre point positif : la première table ronde de la soirée réunissait
@fhollande ,
@Elisabeth_Borne ,
@iordanoff et
@MFesneau . Ce que j’en retiens, c’est à quel point le soutien à la proportionnelle tient au constat partagé que le scrutin majoritaire a échoué à produire des majorités stables. Dès lors, autant l’abandonner au profit de la proportionnelle. C’est aussi simple que cela.
Il ne s’agit pas vraiment de convictions fortes, sinon, toutes ces personnalités auraient instauré la proportionnelle lorsqu’elles étaient au pouvoir, mais plutôt de la reconnaissance d’un état de fait. Ce sont les Français, par leur vote, qui imposent ce débat.
🔹Des éléments passionnants ont aussi été exposés par
@iguinaudeau , du CNRS, sur le mode de scrutin majoritaire actuel : il n’est pas plus efficace que la proportionnelle pour faire respecter les promesses électorales, au contraire. Surtout, dans un mode de scrutin proportionnel, les promesses électorales sont autant, voire davantage, respectées. Leur réalisation dépend très clairement du score obtenu, comme le montre le cas allemand : un score élevé signifie davantage de promesses reprises dans l’accord de gouvernement, ce qui est lisible pour les électeurs.
Elle souligne aussi le renforcement des frustrations démocratiques que provoque le mode de scrutin majoritaire. Et elle a raison.
🔹Que propose la proposition de loi ? Un système à l’allemande justement, dans lequel la base d'élection des députés reste composée de députés élus au scrutin majoritaire par circonscription (60 % des députés) tandis que les 40 % restants sont élus à la proportionnelle nationale, afin de corriger les déformations du scrutin majoritaire.
Ainsi, si les victoires d’un parti en circonscription ne lui donnent que 15 % des sièges alors qu’il obtient 20 % des voix au niveau national, il recevrait des sièges supplémentaires via sa liste nationale pour atteindre la proportion voulue.
C’est un bon système : il permet de conserver une base territoriale forte, tout en respectant l’objectif proportionnel.
En bref, difficile de dire si l'initiative a des chances d'aboutir, mais elle est prometteuse et sur une base qui me semble solide : le constat que le mode de scrutin majoritaire est un échec, pas seulement des considérations "politiciennes". On avance.