"Interdire les VPN", c'est ne rien comprendre Ă ce qu'est un VPN.
Un VPN, ce n'est pas un produit, c'est un principe. Un tunnel chiffré entre votre machine et un serveur que vous choisissez. Votre trafic ressort avec l'adresse de ce serveur, point final. C'est de la cryptographie et du routage, rien d'autre.
Or ce tunnel chiffrĂ©, c'est exactement la mĂȘme brique technique que le HTTPS de votre banque, le SSH de n'importe quel dĂ©veloppeur, le rĂ©seau interne de n'importe quelle entreprise. Le chiffrement et le tunneling, ce n'est pas "le truc des hackers", c'est le socle de l'internet moderne.
Donc "interdire les VPN", au sens littéral, ça veut dire interdire les tunnels chiffrés. Et interdire les tunnels chiffrés, c'est casser le e-commerce, la banque en ligne, le télétravail, bref tout ce qui fait qu'internet fonctionne. Vous ne pouvez pas tuer l'un sans tuer l'autre.
Maintenant le concret, celui qui fait que c'est déjà perdu.
Il n'y a pas "un VPN" à bloquer. Vous louez un serveur à 5 euros par mois chez Hetzner, DigitalOcean ou AWS, vous installez WireGuard ou OpenVPN en trois commandes, et vous avez votre propre VPN sur une IP que personne n'a sur sa liste de blocage. Un gamin de 16 ans fait ça pendant la page de pub.
Vous pouvez bloquer les IP des fournisseurs commerciaux connus ? Ăa ne change rien Ă l'auto-hĂ©bergĂ©. Pour aller plus loin, il vous faut un pare-feu national avec inspection profonde des paquets et liste blanche de protocoles. Autrement dit la Chine, l'Iran, un appareil de surveillance de masse. Et mĂȘme ça fuit en permanence (Shadowsocks, V2Ray, protocoles obfusquĂ©s qui imitent du trafic HTTPS classique).
Le choix rĂ©el est donc binaire. Soit votre interdiction est du théùtre, contournĂ©e en 48 heures. Soit vous construisez une Grande Muraille numĂ©rique, et mĂȘme PĂ©kin n'arrive pas Ă la fermer complĂštement.
Le fond du problÚme, c'est que ces gens légifÚrent contre l'arithmétique. On ne vote pas une loi contre les mathématiques. Le tunnel chiffré existera tant que le chiffrement existera, et le chiffrement existera tant qu'internet existera.
Des bureaucrates qui n'ont jamais Ă©crit une ligne de code de leur vie dĂ©cident d'interdire une primitive cryptographique qu'ils ne savent mĂȘme pas dĂ©finir. Ils ont dĂ©jĂ perdu. C'est le poulet sans tĂȘte : ça continue de courir, mais la dĂ©cision est dĂ©jĂ tombĂ©e.
Théorie: Ils vont interdire les VPNs pour protéger les ados du porno