« La logique de profit des labos les conduit à négliger des problèmes de santé vitaux pour l’humanité », accusait JL Mélenchon en 2000 à propos du paludisme.
25 ans plus tard, la mortalité a été divisée par 4.
2 vaccins sont déployés.
Et aujourd'hui, un nouveau comprimé peut sauver les nouveau-nés touchés.
Le problème n’était donc pas que « les labos ne faisaient rien ».
Le problème, c’est que le paludisme est probablement l’une des maladies les plus difficiles à combattre au monde.
Un parasite bien plus complexe qu’un virus, capable de changer de forme au cours de son cycle de vie et de se cacher dans le foie puis dans le sang humain.
Un vecteur - le moustique - extrêmement difficile à éliminer à grande échelle dans des régions tropicales immenses.
Des essais cliniques longs et coûteux, menés dans des zones parfois pauvres, rurales ou politiquement instables.
Pendant des décennies, développer un vaccin revenait à investir des centaines de millions dans un produit que tout le monde exigerait ensuite presque gratuit.
Là où Melenchon a raison, c'est que les labos ne sont pas des ONG.
Heureusement d'ailleurs, parce qu'on a pas vu beaucoup d'ONG développer un vaccin.
Mais là où il a tort, c'est qu'il ne peut imaginer que la coercition.
Il y a 100 fois mieux à faire.
Si vous voulez que Bigpharma innove sur des maladies touchant les pays pauvres, il faut créer des incitations intelligentes.
Pas seulement brandir le bâton.
Créer une carotte.
Cette idée existe, ça s'appelle l'AMC.
Garantir à l’avance un marché, si un vaccin ou un traitement efficace est développé.
Autrement dit : récompenser l’innovation au lieu de simplement dénoncer ceux qui la financent.
Stimuler la concurrence.
Parce que depuis toujours, c'est ce qu'il y a de plus efficace.
Malheureusement, les rodomontades et les indignations surjouées ont beaucoup plus le vent en poupe que la coopération constructive.
Paludisme : sauver les nouveau-nés
Un simple comprimé au goût de cerise, capable de se dissoudre dans le lait maternel, et qui porte en lui l’espoir de sauver des centaines de milliers de vies. C’est le médicament que vient d’approuver l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
Pendant des décennies, une idée fausse a persisté : on pensait les nouveau-nés naturellement protégés par l’immunité de leur mère. En réalité, dans certaines régions d’Afrique, jusqu’à 18 % des bébés de moins de six mois sont infectés par le moustique vecteur. Face à ce fléau, les médecins devaient jusqu’ici fractionner des médicaments destinés aux patients plus âgés, multipliant les risques d’erreurs de dosage et d’effets secondaires parfois toxiques.
Le « Coartem Baby », développé conjointement par le groupe pharmaceutique Novartis et l’organisation Medicines for Malaria Venture (MMV), vient combler ce vide thérapeutique. Adapté aux bébés pesant à peine 2 kilogrammes, ce traitement offre une solution sûre et facile à administrer. Sa récente qualification par l’OMS atteste de son efficacité et permet désormais aux pays d’Afrique subsaharienne de s’approvisionner à grande échelle, le fabricant s’étant engagé à le distribuer sur « une base non lucrative ».
Pour rappel, le paludisme a coûté la vie à 610 000 personnes en 2024, frappant majoritairement les jeunes enfants. Avec ce nouveau médicament, combiné aux vaccins récents et aux moustiquaires de nouvelle génération, une page sombre de l’histoire des maladies infectieuses est enfin en train de se tourner !