Billet d’humeur sarcastique et en colère
Par Pierre Nerval
Elon, Macron et la religion de l’envie
Il existe aujourd’hui une étrange maladie française. Une maladie intellectuelle qui consiste à regarder avec suspicion celui qui réussit, tout en applaudissant parfois celui qui échoue avec l’argent des autres.
À gauche de la photo, un entrepreneur devenu l’un des hommes les plus riches du monde.
À droite, un président sous lequel la dette publique française a continué à s’envoler pour atteindre des sommets historiques.
Et pourtant, dans une partie du débat public, le danger serait le premier.
Curieuse logique.
Quand un entrepreneur crée une entreprise, il embauche. Quand il développe une technologie, il crée des emplois directs et indirects. Quand il lance des fusées, construit des voitures électriques ou développe des réseaux de communication, des milliers d'ingénieurs, de techniciens, d'ouvriers, de sous-traitants et de fournisseurs travaillent grâce à cette activité.
On peut critiquer ses choix, son caractère, ses déclarations ou ses méthodes.
Mais sa fortune n'est pas tombée du ciel.
Elle est la conséquence d'activités économiques qui ont produit des biens, des services, des emplois et des recettes fiscales.
À l'inverse, lorsqu'un État dépense durablement plus qu'il ne produit, il ne crée pas de richesse. Il distribue temporairement de l'argent qu'il n'a pas encore gagné.
La facture arrive toujours un jour.
Et cette facture porte un nom : dette publique.
La dette n'est jamais payée par ceux qui l'ont votée.
Elle est payée par les générations suivantes.
Par les enfants.
Par les petits-enfants.
Par ceux qui n'étaient même pas présents au moment où la dépense a été décidée.
Mais dans certains salons parisiens, cela ne semble pas poser problème.
Un milliardaire qui investit dans des usines provoque des crises d'urticaire.
Un État qui accumule des centaines de milliards de dettes supplémentaires suscite des applaudissements polis.
Cherchez l'erreur.
...
La vérité est qu'une partie de notre époque confond richesse et exploitation.
Pour elle, si quelqu'un réussit, c'est forcément qu'il a pris quelque chose à quelqu'un.
Elle ne conçoit pas qu'il soit possible de créer de la valeur nouvelle.
Comme si toute richesse était un gâteau fixe dont chaque part gagnée par l'un serait volée à l'autre.
C'est oublier que l'innovation agrandit le gâteau.
C'est oublier que le progrès crée des richesses qui n'existaient pas auparavant.
C'est oublier que les sociétés les plus prospères sont précisément celles qui encouragent ceux qui entreprennent, innovent et prennent des risques.
La vieille passion française de l'égalitarisme ne rêve pas que tout le monde monte.
Elle préfère souvent que personne ne dépasse.
Et lorsque quelqu'un atteint les sommets, certains ne se demandent pas comment il y est arrivé.
Ils se demandent seulement comment le faire redescendre.
L'envie déguisée en vertu morale reste de l'envie.
Et la jalousie n'a jamais créé un seul emploi.
...
Pendant ce temps, les chiffres de la dette continuent de grimper silencieusement.
Mais rassurons-nous.
Le problème, paraît-il, ce serait encore le type qui construit des fusées.
Pierre Nerval
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(
@A_Oberdorff)