Le 25 avril 2027, le verdict tombe. Bardella écrase le premier tour avec 35 %. Face à lui, un Jean-Luc Mélenchon qui a su maintenir sa base, se hisse à 15 %.
Excepté eux, les scores sont un champ de ruine.
Le centre, autrefois hégémonique, a implosé : Gabriel Attal et Édouard Philippe se sont neutralisés à 11 et 12% dans une guerre de succession fratricide, tandis que Manuel Valls erre à 0,5 %.
Il retourne à Barcelone.
À gauche, l'éparpillement fut fatal : Glucksmann, Hollande, Autain et Ruffin ont tous stagné autour des 3 %, spectateurs impuissants de leur propre effacement.
A droite, Retailleau est seul, à 13%.
Le second tour voit se dresser un "barrage républicain" inédit.
Des figures de la droite, du centre et même d'une partie de la gauche modérée appellent à voter pour Jordan Bardella (désigné candidat par le RN) pour contrer "l'aventure révolutionnaire" de La France Insoumise.
Au soir du 2 mai, Bardella est élu avec 65% des voix.
La réponse de la place de la République ne se fait pas attendre. "On ne vous laissera pas l'Élysée !" scande Mélenchon devant une foule en délire.
Dès le lendemain, les grandes métropoles s'embrasent. Ce qui n'était que des manifestations se transforme en insurrection armée.
Cocktails molotovs, armes des banlieues et cacatov, partout.
Raphael Glucksmann sort un livre "Appel au calme" et se vend à 32 exemplaires.
Face au chaos et à l'impossibilité d'organiser la passation de pouvoir prévue le 24 mai, Emmanuel Macron, dans une allocution télévisée solennelle depuis un bunker de l'Élysée, active l'Article 16 de la Constitution.
Brigitte part se réfugier à Bruxelles.
"Les institutions sont interrompues, la Nation est menacée," déclare-t-il.
Il suspend la transition. Il n'est plus seulement Président ; il devient le détenteur des pleins pouvoirs législatifs et exécutifs. Bardella, élu mais non investi, dénonce un "coup d'État institutionnel".
La guerre civile n'est plus un spectre, c'est une réalité quotidienne.
Dans les banlieues, des groupes insurgés dirigés par le commandant Melenchon utilisent leurs stocks de Kalachnikovs.
En face, des milices d'extrême droite et des collectifs de défense ruraux sortent les fusils de chasse et les armes de poing.
Vladimir Poutine propose un conseil de Paix entre les belligérants.
Manuel Valls revient de Barcelone mais est capturé par les milices de Jean Lassalle dans les Pyrénées.
Craignant la déstabilisation de l'Europe et un afflux massif de réfugiés français (politiques ou civils), Bruxelles ordonne le rétablissement immédiat des frontières terrestres.
Des barbelés réapparaissent à Quiévrain et Halluin.
Les Belges refusent massivement d'accueillir les réfugiés Français, à part des Bretons.
Juin 2027 :
Macron nomme un gouvernement de technocrates et de militaires.
L'armée est déployée dans les "zones de non-droit" et dans les bastions de l'ultra-droite.
Paris est découpée en secteurs par des checkpoints. Le couvre-feu est permanent.
Juillet 2027 :
Le point de rupture survient quand plusieurs régiments refusent de tirer sur les insurgés à Marseille.
Une partie de la police fait défection pour rejoindre les rangs de Bardella, qui a installé un "gouvernement légitime en exil" à Nice. La France est coupée en trois : le "Réduit Élyséen" (Paris et quelques préfectures), le "Sud Nationaliste" et les "Communes Insurgées" (Lyon, Nantes, banlieue parisienne).
Août 2027
L'ONU exprime sa "profonde préoccupation". L'Allemagne, terrifiée par l'implosion de son principal partenaire, propose une médiation européenne, mais les milices françaises refusent toute ingérence. La France, membre permanent du Conseil de sécurité, est devenue le "trou noir" de l'Occident.
L'issue reste incertaine : Macron parviendra-t-il à organiser de nouvelles élections sous l'égide de l'armée, ou la France est-elle condamnée à une partition de fait ?