Piketty refait surface pour proposer de confisquer la fortune des milliardaires et la mettre dans un "fonds public".
Toute son Ćuvre repose sur une seule formule : r > g. Le rendement du capital dĂ©passerait la croissance, donc les riches deviendraient mĂ©caniquement toujours plus riches, donc il faut confisquer.
Laissez-moi vous expliquer pourquoi cette prémisse est fausse, au niveau d'un enfant de 8 ans, puisque c'est apparemment le niveau requis pour la croire.
Imagine que Kevin a un coffre magique. Piketty te dit : le coffre de Kevin grossit de 5% par an tout seul, la boulangerie de papa grandit de 2% par an, donc dans 100 ans Kevin possédera toute la ville. C'est ça, r > g. Tout son livre de 970 pages, c'est ça.
Le petit problĂšme : le coffre magique n'existe pas.
Dans la vraie vie, le capital ne se reproduit pas tout seul. Il faut l'allouer. Chaque annĂ©e, il faut redĂ©cider oĂč va chaque euro, et la plupart des gens dĂ©cident mal. Le "r" de Piketty est une moyenne qui cache un champ de ruines : pour un Bernard Arnault, des milliers d'hĂ©ritiers qui dilapident, des fonds qui sous-performent, des empires qui s'Ă©vaporent.
VĂ©rifions avec le test le plus simple du monde. Si r > g Ă©tait une loi mĂ©canique, les fortunes de 1900 domineraient toujours. OĂč sont les Vanderbilt ? Les Carnegie ? En 1987, le Top 10 mondial Ă©tait dominĂ© par des hĂ©ritiers et des propriĂ©taires fonciers japonais. Aujourd'hui : Musk, Bezos, Page, Huang. Des gars qui codaient dans leur chambre. La liste Forbes est une machine Ă laver, pas une dynastie.
L'homme qui est devenu trillionnaire ce matin n'a pas hérité d'un coffre. Il a failli faire faillite deux fois en 2008. Son "r" est passé par -100% avant de passer par l'hyperespace. Voilà ce que la formule de Piketty ne peut pas voir : le rendement du capital est la rémunération du risque et du génie d'allocation, pas un loyer automatique.
Et le plus drĂŽle : quand le capital reste vraiment passif, comme dans le modĂšle de Piketty, il fond. Inflation, frais, impĂŽts, Ă©rosion concurrentielle. Le capital qui dort meurt. La seule façon d'obtenir du "r", c'est de crĂ©er de la valeur pour quelqu'un. La formule dĂ©crit un monde qui n'existe nulle part, sauf dans les amphis de l'Ăcole d'Ă©conomie de Paris.
D'ailleurs mĂȘme ses donnĂ©es ont craquĂ©. Le Financial Times a relevĂ© des erreurs de calcul dans ses sĂ©ries dĂšs 2014. Et les travaux de Piketty-Saez-Zucman sur l'explosion des inĂ©galitĂ©s amĂ©ricaines ont Ă©tĂ© mĂ©thodiquement dĂ©montĂ©s par Auten et Splinter dans le Journal of Political Economy : une fois les transferts et impĂŽts correctement comptĂ©s, l'inĂ©galitĂ© aprĂšs redistribution n'a presque pas bougĂ© en 60 ans. Toute la panique repose sur des choix mĂ©thodologiques militants.
Ce qui m'amĂšne Ă Zucman. L'ironie est dĂ©licieuse : l'homme qui a passĂ© sa vie Ă dĂ©noncer l'hĂ©ritage a produit un hĂ©ritier. MĂȘme mĂ©thode, mĂȘme biais, mĂȘmes donnĂ©es contestĂ©es, ambition fiscale en plus. Sa fameuse taxe sur le patrimoine des "ultra-riches" taxerait des plus-values qui n'existent que sur le papier.
ConcrÚtement, la taxe Zucman forcerait chaque fondateur français à vendre des morceaux de sa boßte chaque année pour payer l'impÎt sur une valorisation qu'il n'a jamais encaissée. Vendre à qui ? Des fonds étrangers. Résultat garanti : les derniÚres entreprises françaises passent sous pavillon américain ou qatari, au nom de la justice sociale. Du génie.
Et la proposition finale de Piketty est la meilleure partie : prendre l'argent investi dans des entreprises qui produisent, emploient et innovent, pour le confier à un "fonds public" géré par l'entité qui a accumulé 3 400 milliards de dette et qui perd de l'argent sur à peu prÚs tout ce qu'elle touche depuis 50 ans. C'est demander au cancre de la classe de corriger les copies.
Récapitulons. La formule est fausse empiriquement, les données sont contestées dans les meilleures revues du monde, la prescription détruirait les seuls acteurs qui créent, et le gestionnaire proposé est en faillite technique. Dans n'importe quelle science, on appellerait ça une théorie réfutée. En économie française, on appelle ça un best-seller.
r > g n'a jamais été une loi économique. C'est un alibi mathématique pour le plus vieux programme politique du monde : prendre l'argent des autres.
Ăcoutez, avec lâaccent câest encore mieuxđ
âYou take a big part, if not all of the wealth of billionaires and centimillionaires and you put it in a public fundâ
Cet argent au lieu de rester en valo dans des boĂźtes qui produisent et emploient, ils veulent le confier Ă ceux qui ont dĂ©jĂ des trillions de dette au compteur đ€Ą